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Allison & Lucas + everything that kills me makes me feel alive.

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MessageSujet: Allison & Lucas + everything that kills me makes me feel alive. Lun 5 Aoû - 21:43


Je voudrais me glisser dans ta tête, sentir ce que tu ressens, savoir à quoi tu penses quand tu m'aperçois. Savoir si une part de moi est restée dans ton cœur ou si tu as tout balayé. si je n'ai été qu'un temps dans ta vie que tu as vite oublié, comme une date en histoire qui n'aurait pas grande importance. J'aimerai simplement te dire tout ce qu'il aurait fallut que je te dise avant. Pas pour te convaincre de revenir, seulement pour que tu le saches : "J'ai jamais cessé de t'aimer, j'ai juste arrêté de le montrer."

Mauvaise journée. Mauvaise semaine. Lucas avait réalisé qu’on ne revenait pas en ville cinq ans après en être parti de la manière la plus aisée qui soit. Lui qui à Chicago, occupait un poste de photographe avait réalisé qu’en faire autant à Charleston, terre de ses déboires d’adolescent, ne serait pas aussi simple. La ville avait changé en son absence et était loin d’être similaire à celle qu’il avait quitté à la hâte. Depuis son retour, il avait donc accumulé les entretiens d’embauche foirés ou ratés. A chaque fois, on lui reprochait son manque d’expérience ou son côté novice dans le domaine tant convoité. Lucas encaissait mal les échecs, principalement car il les avait toujours accumulés durant ses vingt-huit années passées sur terre. Alors, il avait choisi la carte de la facilité, faisant jouer ses contacts pour récupérer un emploi de barman en attendant de trouver mieux. Barman, comme s’il n’était jamais parti de Charleston, comme s’il n’avait nullement évolué. Debout derrière son comptoir, à servir des verres  lorsque la demande se présentait, il se trouvait certainement dans la même situation cinq ans auparavant. Un statuquo saisissant, loin de convenir au principal concerné. Ainsi, Lucas n’était pas concentré dans ce qu’il faisait. Ni ce soir, ni les précédents d’ailleurs. Un début de mal de crâne assiégeait son être et empêchait sa concentration d’être optimale. Son esprit lui, était ailleurs alors que la même question revenait en boucle dans son esprit : était ce vraiment une bonne idée de revenir après tout ce temps ? Il devinait sans mal que son retour ne se ferait nullement sans vague. Qu’il aurait des explications à fournir, des excuses à proférer. Il y était préparé, bien qu’il n’avait aucune idée quant à la date du premier round ou encore de l’identité de son adversaire. Blake ou Allison ? Qui croiserait-il en premier, indépendamment de sa volonté ou non. A ce jour, le mystère demeurait. A trop penser au futur, Lucas perdait pied dans le présent et cela se ressentait clairement dans ses actes ; les commandes erronées s’accumulaient, provoquant ainsi l’agacement des clients. Parmi ces derniers, un osa dire tout haut ce que les autres pensaient vraisemblablement tout bas, quitte à irriter le barman. « Hé gamin, c’est un whisky que je t’ai commandé, pas une vodka. » Lucas releva la tête, conscient qu’il était directement visé par cette remarque. Gamin qu’il lui disait, comme s’il avait encore dix-huit ans. Avec cette nonchalance qui lui collait toujours à la peau, Lucas se contenta d’hausser les épaules. « On a plus de whisky, va falloir se contenter de ça. » rétorqua-il avec un petit sourire ironique sur les lèvres, car il refusait de reconnaître son erreur. Quand bien même il s’était trompé dans la commande initiale, il s’en moquait bien. Le client est roi ? Foutaise aux yeux de Lucas. Tenace, l’homme ne semblait pas décidé à lâcher prise de sitôt et tentait le tout pour le tout dans le but d’obtenir son dû. « Je veux mon whisky ou je me tire. » Un peu faible comme menace, pensa Lucas. Une nouvelle fois, il haussa les épaules en se saisissant d’un verre qui traînait à proximité. « Bah casse-toi alors, pauvre con. » se contentât-il de dire. C’était ça le problème avec Lucas : son impulsivité, son côté tête brulée qui n’avait jamais disparu avec les années. Il cherchait délibérément le conflit, plutôt que de prôner l’apaisement quand il le fallait. A ce moment-là par exemple, il aurait mieux fait de fermer sa grande gueule plutôt que de provoquer à tort et à travers alors qu’il était en tort. L’homme face à lui semblait satisfait, presque ravi de voir que Lucas avait mordu à l’hameçon et cédé à sa provocation. Suite à ses paroles, il fouilla dans sa poche avant de lui sortir un badge qu’il colla sous le nez du barman. « Puisqu’on refuse de me servir ma boisson, je vais employer la manière forte : un petit séjour au poste et en cellule pour insulte à agent, ça te parle peut-être un peu plus ? » Lucas soupira. Bordel de merde. Le commissariat, voilà presque trop longtemps qu’il n’y avait pas fait un tour. Sa cellule attitrée avait dû être bien vide ces cinq dernières années. Et à peine de retour à Charleston qu’il y avait gagné un aller simple. A croire que certaines choses ne changeraient jamais, en dépit du temps, comme sa capacité à s’attirer des ennuis par exemple. Malgré tout, il tenta de se montrer plus pacificateur, comme pour rattraper le coup et sauver une situation pourtant bien mal engagée. « C’est bon, on est pas obligé d’en arriver là pour si peu. » Si peu qu’il disait. Mais le flic n’en démordait pas et tenait visiblement à lui infliger une leçon. « Bah tiens, monsieur fait moins le malin qu’il y a quelques minutes ! » Il lui fit signe en désignant la sortie du bar et Lucas comprit directement où il allait se retrouver dans les minutes à venir. Cette journée était définitivement merdique et la soirée à venir prenait le même chemin.

Après de longues minutes de marche – où fort heureusement, on lui avait épargné les menottes comme à un vulgaire criminel - , ils arrivèrent au commissariat. Le flic n’avait pas hésité à lui rappeler qu’il devait le respect à tout agent, quand bien même celui-ci était en civil. Lucas ne lui avait accordé que peu d’attention. Au vu de la situation, il avait préféré obtempérer n’était pas en mesure de négocier ou pire, d’aggraver encore son cas. Il pénétra donc dans un décor familier, bien que la tempête qui avait eu lieu peu de temps après son départ, avait obligé une reconstruction totale de ce bâtiment et de beaucoup d’autres. Plus d’une fois dans le passé, il s’était retrouvé coincé ici pour ses conneries et chassez le naturel, voilà qu’il revient au galop ! Lucas allait renouer avec sa cellule attitrée bien plus vite qu’il ne le pensait pas. Le flic lui, semblait grandement s’amuser de la situation. Ça ne devait vraiment pas être tous les jours qu’il avait l’occasion d’arrêter quelqu’un cet imbécile. « On t’entend moins Walker, t’as perdu ta langue peut-être ? Profite bien de ton séjour dans ce palace pour les heures à venir. »  Zen en apparence, Lucas était bien loin de l’être intérieurement. Il bouillonnait de rage, mais préférait s’éviter des ennuis supplémentaire. Quoi que, il allait finir en cellule dans tous les cas, donc que risquait-il de plus ? Il ne se gêna donc guère pour placer une énième réplique sarcastique. « Je saurais me contenter de ce palace, mais je persiste : on n’avait plus de whisky. » Il tenait à avoir le dernier mot jusqu’au bout et c’est donc avec un sourire ô combien ironique qu’il pénétra dans sa nouvelle résidence pour les heures à venir. Visiblement, il n’était pas seul, car un individu encore alcoolisé terminait de décuver à quelques mètres de lui. Le type en question murmurait quelques mots qui s’apparentaient à de l’espagnol, ce qui confirma à Lucas que ce type n’était pas tout seul dans sa tête. Cet endroit allait vite se montrer trop exigu pour eux deux. Lucas grimaça sur le moment, se disant que les heures à venir s’annonçaient bien longues. Ayant du temps à tuer, le barman décida de se montrer insupportable, comme pour faire regretter à ce crétin de flic de l’avoir envoyé au trou de la sorte. Ainsi, il ne se gênait pas pour siffler durant de longues minutes ou à glisser ses mains le long de la cage, dans le but de faire le plus de bruit possible, pour déranger au maximum les flics au alentour. Son compagnon de cellule mit un peu de temps à reprendre connaissance et à retrouver un peu de convenance, mais une fois que ce fût fait, il ne se gêna guère lui aussi pour participer au carnage sonore, chantant à tue tête des chansons espagnols, ce qui irrita au plus haut point, les flics présents au alentour. Un tel manège de la part des deux hommes durant un long moment, avant que Lucas ne se décide à revenir à la charge pour sortir d’ici. « Hep officier. Vous allez pas me laisser croupir ici éternellement, non ? Je pense que c’est bon, le message est passé. » L’officier en question, lassé du vacarme infernal réalisé par Lucas et son ami espagnol, se décida à accéder à sa requête, non sans regretter qu’on lui force ainsi la main. « Faut croire que c’est ton jour de chance, Walker. » se contentât-il de répliquer, en insérant la clé dans la serrure pour le faire sortir. Tout sourire, Lucas ne se fit guère prier. C’est à ce moment-là, durant ce bref moment de silence après le vacarme des dernières minutes, qu’une nouvelle personne fit son arrivée dans le commissariat. Lucas eut le réflexe de se retourner en direction de la nouvelle arrivante et il lui fallût quelques secondes pour la reconnaître. Allison. La surprise de la voir lui ôta bien vite son sourire. Elle passa devant lui pour rejoindre un bureau annexe et la surprise se lisait également dans le regard féminin. Lucas ne prêtait plus la moindre attention au flic présent à ses côtés, qui lui annonçait qu’il allait lui rendre ses effets personnels. Non, son attention était ailleurs durant ces quelques secondes ô combien lourdes de sens. Ils se croisèrent brièvement dans ce couloir, dans ce lieu un brin particulier et se dévisagèrent du regard sans rien se dire, comme des inconnus après toutes ces années. Lucas l’a suivit du regard jusqu’à ce qu’elle quitte son champs de vision. Bordel. Après le passage au commissariat, voilà qu’il y retrouvait son ancienne petite-amie, celle avec qui les choses s’étaient terminées de la pire des façons il y a cinq ans de ça. Encore troublé par cette rencontre imprévue, Lucas récupéra ses affaires sans réellement les voir avant de quitter le commissariat. Mine de rien, il avait perdu de son assurance, encore trop sous le choc probablement. Il se laissa tomber sur les marches qui bordaient le commissariat, totalement perdu dans ses pensées, bien décidé à l’attendre, ne pouvant se résoudre à l’esquiver après tout ce temps. Mine de rien, il avait eu la réponse à sa question : c’est avec Allison qu’auraient lieu les premières retrouvailles. Et Lucas devinait sans mal qu’il ne ressortirait pas indemne du combat qui semblait se profiler à l’horizon.
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MessageSujet: Re: Allison & Lucas + everything that kills me makes me feel alive. Lun 5 Aoû - 22:10


Le plus triste c'est que j'pensais qu'on était vraiment amis. J'étais vraiment une idiote, hein? Une pauvre fille naïve, ça devait bien te faire rire. Je pensais que j'étais un peu spéciale, qu'on était un peu complices, que tu pensais à moi parfois. Tout ce que j'ai fait pour toi, je voulais rien en retour, sauf peut-être quelques minutes de ma vie partagées avec toi, tout ce que je voulais c'était de savoir que j'avais une petite place, dans ta tête, dans tes souvenirs, dans ton présent. Une pauvre fille naïve. Naïve et déçue, parce que tu m'as oubliée, comme si j'avais jamais existé, comme si tous les moments passés ensemble n'étaient que dans ma tête. Et peut-être que c'était dans ma tête, au fond.

Le bureau d’Allison paraissait bien calme. Aucun bruit ne s’autorisait à venir déranger la rouquine. Elle tapotait sur son clavier, bouclant un dossier datant de plusieurs semaines. Son travail avait fini par devenir sa priorité. Depuis son retour ici à Charleston, sa ville natale, elle enchaînait les clients, les affaires, la paperasse. Pour être honnête, la demoiselle passait plus de temps dans ce grand bâtiment que dans son appartement. Ça lui importait peu. C’est ce qui l’avait sauvé quelques années auparavant. Ses études. Sa fuite à Paris. Cette volonté d’exil pour oublier et passer à autre chose. Etudiante studieuse devenue une avocate accomplie et respectée dans le milieu. Ce n’était pas rien. La rousse en avait conscience. Elle savait également que sans l’influence notoire de son père, il ne lui aurait pas été possible d’obtenir une telle place en début de carrière. Ici, ce n’était pas une simple nouvelle collègue. Elle n’était pas cataloguée de débutante ou d’incapable. Ses collègues, masculins pour la plupart, respectaient sa poigne et surtout sa motivation. Elle travaillait plus que les autres. Elle donnait de son temps personnel pour marquer le cabinet de son empreinte. Son regard ne quittait pas l’écran. Elle tentait de rester concentrée. Et comme bien souvent ses pensées finissaient par s’égarer. La demoiselle se releva, marquant une pause dans son travail. Sa silhouette s’avança vers la grande vitre non loin de là. Ses yeux s’apposèrent sur l’horizon. Un horizon reconstruit. Une ville renaissant de ses cendres. Tout les habitants avaient fini par y arriver. Ils avaient réussi à se reconstruire, à reprendre le cours de leurs vies en essayant d’omettre le passé et les drames. Alors pourquoi Allison n’y arrivait pas ? La rouquine avait la sensation d’être bloquée six années en arrière. Elle se revoyait emprisonnée par la douleur devant le cercueil de sa soeur. Elle se revoyait haineuse et injuste avec Lucas. Elle revoyait son père noyer son chagrin dans le bourbon, les effluves de son haleine alcoolisée revenant presque lui donner la nausée. Elle avait la sensation de sombrer à chaque fois que ses pensées s’égarer un peu trop. Elle en avait surtout assez de ne pas être capable de passer à autre chose de manière définitive. Lucas. Lucas. Lucas. Maudit prénom revenant en boucle. Infidélité de son esprit à son petit-ami. Infidélité de son coeur tout simplement. Parfois, la rouquine se maudissait. Elle se détestait pour éprouver encore ce genre de sentiments face à un fantôme. Car oui, c’est ce que l’homme représentait. Un fantôme disparu comme si rien n’avait compté. Un fantôme qui n’avait même pas essayé de réparer ses erreurs. Un fantôme qui avait préféré faire preuve de lâcheté plutôt que d’assumer ses conneries. Rien que de repenser à tout cela suffisait à faire grimper la colère en Allison. Cette dernière soupira et ferma les yeux pour quelques secondes. Une sorte de répit offert à tout son être. Elle n’avait plus envie de se faire du soucis pour une personne qui ne devait de toute manière même plus la considérer comme quelqu’un d’important. L’avocate détourna les talons avant de faire face à son supérieur. Ce dernier ne tarda pas à reprendre la parole, lui apprenant qu’un adolescent avait été arrêté pour vol à l’étalage. Il se retrouvait en cellule au poste de police du centre ville. Elle avait été nommée comme commise d’office pour ce dernier. Une cause désespérée à sauver pour oublier qu’elle était incapable de sauver la sienne. Allison se contentât d’un hochement de tête positif puis elle ne tarda pas à rassembler toutes ses affaires afin de prendre la direction du poste. Un poste qu’elle connaissait quasiment par coeur malgré la reconstruction totale de ce dernier. Elle se souvenait quand sa silhouette d’adolescente débarquait au hasard pour surprendre son père. Un agent de police respecté et reconnu par la plupart des habitants. Un père de famille brisé par la mort de son aînée et devenu alcoolique. Un agent de police qui avait sombré pour finalement sortir la tête de l’eau. Elle avait encore parfois du mal à revenir vers ce dernier même si les relations entre eux tendaient à s’arranger malgré tout. Allison avait changé du tout au tout. Plus froide, plus cinglante aussi. Un changement que son père ne comprenait pas toujours. Pour lui, le départ de Lucas avait été la meilleure nouvelle possible. Il le méprisait. Pour ses écarts de comportement, pour sa façon de négliger Allison et surtout pour sa capacité naissante à la faire souffrir à chaque fois.

Finalement, la rouquine quitta les lieux. Vêtue d’une robe noire légèrement cintrée à la taille. Une robe qui mettait en avant sa poitrine galbée et ses formes fines et dessinées. Ses cheveux roux à l’air libre. Elle était loin la petit blonde qui n’assumait pas son physique. Une couple plus courte, une couleur tranchant avec le doré de l’époque. Allison avait voulu changer du tout au tout. Mais ce qu’elle avait pu être stupide de croire qu’une simple coupe de cheveux l’empêcherait de penser au passé. Elle soupira comme bien souvent et se retrouva dans les rues de Charleston. Ses escarpins claquaient contre le sol alors que sa main retenait sa mallette en cuir noir. Elle s’avançait et dégageait une certaine confiance. Une confiance qui en réalité n’était rien. La demoiselle n’était qu’une pauvre idiote essayant de se leurrer quant à ses sentiments, quant au bonheur soit disant présent dans son quotidien. Foutue connerie qu’elle pensa en serrant les dents. Après seulement dix minutes de marche, elle arriva au poste. Elle se présenta à l’accueil. L’agent reconnaissant directement la fille de l’agent Fawkes. Il esquissa un sourire et l’invita à le suivre en lui tendant un petit badge avec l’inscription visiteur marqué dessus. Lorsqu’elle arriva dans la grande salle où plusieurs bureaux trônaient, elle ne détourna pas le regard. Elle resta concentrée sur sa future tâche, attendant de rencontrer son client. La demoiselle tenait sa mallette accolée à ses deux hanches. Ses yeux inspectaient vers l’avant. Pourtant, en une demi-seconde, tout son monde s’ébranla. Une voix. Un son masculin qui résonna plus loin. Sur le moment, elle eût la sensation de rêver, de revenir des années en arrière, d’entendre Lucas lui murmurer des paroles presque tendres au creux de l’oreille. Ce n’était pas possible. Non. Elle ne voulait pas y croire. Presque fébrile et inquiète, elle détourna le regard vers la droite. Et c’est là. C’est là qu’elle sombra définitivement. L’homme était près d’une cellule au fond entouré de deux agents. Ces derniers conversaient avec lui mais il ne semblait déjà plus les écouter. Leurs regards se croisèrent et Allison sentit tout son corps se crisper. Sa bouche s’entrouvrit alors que son coeur battait si fort que ça commençait à susciter une douleur dans sa chaire. La jeune femme ne perdit pas une miette de son regard. Ses yeux émeraudes parlaient pour elle. Ils répétaient en boucle qu’elle le détestait pour être parti ; pour avoir osé la tromper ; pour se retrouver à nouveau ici et dans la merde apparemment. Allison s’en fichait. Du moins, c’est ce que la rouquine préférait clamer. Elle soupira. Elle voulait cesser de le fixer. Elle voulait s’approcher et le gifler de toutes ses forces. Elle avait envie qu’il souffre un peu plus encore. Mais tout ceci ne lui permettrait pas de se sentir mieux. Allison le savait. « Mademoiselle Fawkes, nous pouvons y aller. » La voix de l’agent coupa court à toute réflexion chez la rouquine. Elle préféra ignorer Lucas et faire comme si ces pseudos retrouvailles du hasard ne compteraient pas. L’avocate tourna les talons et suivit l’homme qui ouvrait la marche. Elle tentait de chasser l’image de Lucas de son esprit. Elle ne voulait plus penser à lui. Elle avait encore moins envie de se rappeler de tout ce qu’il avait pu faire. Allison entra dans une pièce. Un agent de police derrière le bureau. Son client assis de l’autre côté. La rousse s’avança et se présenta à l’adolescent. Très vite l’entrevue commença. L’homme entama un discours, expliquant ses agissements. La demoiselle prenait des notes sans grand intérêt. Tout son esprit tourbillonnait bien plus loin que ça. Elle hochait parfois de la tête pour faire mine d’être vraiment là parmi eux. La jeune femme en avait assez. Elle devenait de plus en plus nerveuse. Elle ne pouvait pas le croire. Lucas de retour. C’était quoi la suite ? Lui découvrant sa relation avec Blake ? Eux recommençant à s’incendier avec des paroles qui s’apparenteront à des lames de couteaux ? Sans aucun doute les connaissant. Après environ une demie heure, le rendez-vous prit fin. Allison salua son client, lui expliquant qu’elle serait là demain pour l’audience le concernant. Puis, sans attendre plus longtemps, la rousse quitta les lieux. Elle descendit les marches  une à une avant de se retrouver à l’extérieure. La demoiselle tomba alors nez à nez avec Lucas. Lui en bas des escaliers adossé au petit muret. Son regard braqué vers la silhouette d’Allison. Il avait attendu. Il attendait encore. Apparemment, ce dernier était prêt à la confrontation. La rousse un peu moins. Elle le fixa, oscillant entre l’envie de rire. L’envie de pleurer. Et surtout l’envie de le frapper à s’en faire mal dans les poignets. Aucun mot. Rien. Lucas se contentât de la fixer. Un regard qui devenait de plus en plus lourd à porter. La respiration de la jeune femme commença à s’accélérer. Elle se sentait mal. Tellement mal qu’un mouvement de recul s’en suivit. Elle fixa Lucas en pinçant sa lèvre inférieure, tentant sans doute de garder le contrôle de cette situation complètement dingue. Six années. Six maudites années à ne plus se voir ; ne plus se parler ; à s’éviter comme la peste. Et finalement le retrouver ainsi, au hasard, sur ses marches devant ce poste de police. Qui pouvait prétendre faire mieux ? A croire qu’ils étaient spécialistes dans l’art de se faire du mal. C’était même la seule chose qu’ils savaient faire parfaitement. « Quoi ? » Soufflât-t-elle alors sur un ton ferme. Elle resta en haut des marches. Lui en bas. Elle prenant le dessus. Lui qui finira par toute manière la mettre à terre. Lucas ne répondit pas. Il l’observa encore. Une situation qui devenait de plus en plus folle aux yeux de la rousse. Elle passa une main contre sa nuque alors que son buste se relevait vivement et difficilement. « Tu attends peut-être que je reprenne la parole pour nos retrouvailles ? » Un rire nerveux résonna. Quelques officiers rentraient apparemment de ronde. D’autres personnes quittaient les lieux. Pourtant, Allison se sentait seule au monde. Seule face au bourreau de son coeur. Elle aurait aimé stopper le temps. Ou plutôt le remonter. Empêcher que tout ceci arrive. Elle redoutait surtout que son père ne débarque car nul doute que Lucas en prendrait encore plus pour son grade. « Je commence par quoi alors ? Je suis ravie de voir que t’es encore en vie. Je veux dire après presque quoi ? Six ans. J’étais en droit de me poster la question. » Remarques bien évidemment cinglantes reflétant à merveille la colère qui animait son corps. La rousse continuait de le scruter sans baisser les yeux. Elle n’avait plus envie de faire de cadeaux à Lucas. La petite blonde naïve et presque soumise au bon vouloir de cet adolescent ténébreux n’existait plus. Elle était morte et enterrée. Comme leur amour en vérité. Elle continuait de le fixer avec un regard noir. Elle ne laissait aucune autre émotion prédominer. Uniquement cette colère sombre. Cette colère qui ne devait pas surprendre au fond l’homme en face. « Je continue en te disant qu’après tout ce temps, tu avais pas besoin de te donner la peine de revenir ici ? La ville se portait parfaitement bien sans toi. Moi aussi d’ailleurs. » Nouvelles paroles odieuses qu’elle ne pensait qu’à moitié. Allison perdait pieds. Elle perdait patience. La rage du passé remontait. Elle revoyait l’enterrement de Sara seconde par seconde. Elle entendait les paroles érigées à l’encontre de Lucas à l’époque. Elle revoyait absolument tout. Une sorte de spirale infernale dans laquelle elle sombrait sans aucun filet de sécurité pour la sauver. « Je peux aussi continuer en te disant qu’au final, y a quelques années tout ce que j’ai pu te dire, c’était que la vérité. Tu en avais rien à faire de moi. De nous. En fait la seule et unique personne qui a toujours importé c’est toi. » Elle esquissa un faux sourire. Un sourire qui puait l’hypocrisie et la rancoeur. Très vite, Allison extirpa un paquet de cigarettes de son sac. Le bâtonnait blanchâtre se coinça entre ses deux lèvres teintées d’un rouge à lèvres rosé. Elle l’alluma et commença à s’abreuver de la nicotine. Une mauvaise habitude débutée après le départ de Lucas et la mort de Sara. Elle fumait face à lui, sans aucune concession. Elle voulait l’énerver. Elle voulait lui montrer qu’elle n’était plus la même. Elle voulait surtout démontrer qu’à présent plus personne ne la ferait souffrir. Douce illusion pour la rouquine puisqu’encore une fois, c’était Lucas qui faisait perdre pieds à l’intéressée. Elle le regarda longuement. La fumée sortant de ses lèvres et ses narines. Tête inclinée sur le côté. Regard insolent sans parler de ce sourire provocateur. Elle ne bougeait pas. Elle ne voulait pas perdre ce combat engagé depuis quelques minutes. La demoiselle continuait de se tuer les poumons avec sa cigarette. Elle s’en fichait. Sa vie avait prit fin six années auparavant. Lucas partant avec son coeur dans sa valise. Abonné aux absents durant tout ce temps, il hantait pourtant la rousse. Jour après jour. Heure après heure. Seconde après seconde. Un cercle sans fin. « Maintenant, tu peux partir. Tu peux continuer tes conneries. Tu pourras sauver ta conscience. Tu es venu. Tu m’as vu. On se donne rendez vous dans six ans Lucas ? Dix ans peut-être ? Ou jamais tiens. » Un énième sourire qui puait l’hypocrisie. Ses phalanges tremblaient. Elle avait mal au coeur ; mal partout. Lucas la faisait crever sur place et il ne voyait rien. Le silence redevenait le seul élément calme entre eux. Et Allison restait accrochée à sa cigarette comme pour se calmer. En vain, évidemment.

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“ here it comes ready or not, we both found out it’s not how we thought. that it would be, how it would be, if the time could turn us around what once was lost may be found, for you and me, for you and me. “
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MessageSujet: Re: Allison & Lucas + everything that kills me makes me feel alive. Mar 6 Aoû - 2:21


Il me suffit désormais de fermer mes paupières pour te voir, cesser de respirer pour sentir ton odeur, me mettre face au vent pour deviner ton souffle. Savoir simplement que tu es là quelque part sur cette terre sera, dans mon enfer, mon petit coin de paradis...

Rien ne s’était réellement passé comme prévu pour Lucas dans cette journée. Rectification : tout était allé de travers. D’abord embarqué au poste pour avoir – encore une fois – parlé sans réfléchir, voilà qu’à présent, il retrouvait son ancienne petite-amie, d’une manière tout sauf planifiée. Et la suite, c’était quoi ? Blake allait-il lui aussi surgir pour lui demander des comptes ? Lucas s’attendait à tout à présent et surtout au pire. Revoir Allison d’une manière aussi brève, lui renvoyait un amas de souvenirs en pleine gueule. Des souvenirs heureux de l’époque où ils étaient ensemble principalement. Cette époque qui semblait si lointaine, au point que Lucas se demandait parfois si elle avait réellement existé. Et puis, cela lui remémorait également ses échecs, ses erreurs, à quel point il avait merdé. La façon dont il avait perdue la jeune femme principalement. Un panel de cicatrices qui rappelaient à Lucas leur existence. Une piqûre de rappel pour lui notifier que quand bien même du temps était passé, ses blessures étaient toujours aussi vives, ses regrets toujours aussi nombreux et ce n’est pas en revenant à Charleston, en croisant Allie au détour d’un couloir que les choses allaient s’arranger. Pire, elles s’empiraient. Il rechutait bêtement, tel un alcoolique renouant avec la boisson après des années d’abstinence. Pour Lucas, la revoir même si brièvement fût douloureux. Il se doutait bien que les retrouvailles auraient lieu à un moment ou à un autre, mais certainement pas aussi rapidement. S’il avait su, peut-être qu’il serait resté en cellule avec son ami espagnol. Pire, s’il avait servi la bonne boisson à cet imbécile de flic quelques heures auparavant, rien ne se serait passé de la sorte. Le karma lui en voulait visiblement en cette journée tout simplement désastreuse. Les retrouvailles avec Allison semblaient se dessiner à l’horizon et Lucas n’avait aucune idée quant à la manière dont les événements allaient se dérouler.

Pourtant, Lucas ne pouvait décemment pas se résoudre à filer à l’anglaise après l’avoir croisé d’une manière aussi furtive. Il aurait pu ouais. La fuite aurait certes été encore une fois la solution toute faite pour lui. Fuir pour échapper à cette conversation qui allait forcément mal finir après un silence aussi long. Mais cette fois, Lucas ne put s’y résoudre. Il était de retour en ville pour de bon et il était temps qu’Allison apprenne que le fantôme qui avait pendant longtemps disparu de la circulation, s’était décidé à faire son retour en ville. Il prit donc son mal en patience, attendant que la silhouette féminine quitte le commissariat. Le barman s’interrogeait grandement sur la raison qui l’avait poussé à se rendre dans ce lieu, mais il n’eut pas le temps d’y réfléchir très longtemps, car trop rapidement pour lui peut-être, la jeune femme fit son retour sous ses yeux. En la regardant dévaler les quelques marches devant l’entrée du commissariat, il avait su que les ennuis allaient débuter. Il avait rapidement compris que le temps avait eu beau filer, l’eau avait certes coulé sous les ponts, la rancœur et la rancune qu’elle avait à son intention était toujours aussi vive et les blessures qu’il lui avait causé, toujours aussi douloureuses. Comme au premier jour. Mais à quoi s’attendait-il ? Qu’en revenant ici, elle allait lui tomber dans les bras, comme s’il ne s’était jamais rien passé ? Comme s’il ne lui avait pas brisé et piétiné le cœur ? Non, il était réaliste. Le barman s’était préparé à un accueil des plus hostiles et il n’allait pas être déçu. Ils se fixèrent durant quelques secondes, comme des chiens de faïences prêts à bondir. Ils se scrutèrent un moment, à la recherche de la moindre faiblesse à exploiter chez l’autre. Et puis finalement, les hostilités furent lancées. Allison partie à l’abordage, sans se douter que Lucas était déjà six pieds sous terre, vingt milles lieux sous la mer même, depuis qu’il l’avait croisé tout à l’heure, au sein de ce commissariat. Froide et austère, elle ne passa pas par quatre chemins, engageant directement la conversation de la manière la plus rude qui soit. Ainsi, les remarques cinglantes se succédèrent, quittant les lèvres rosées de la rousse avec une vitesse folle et avec une rage impressionnante. Elle ne lui épargnait rien et les impacts se multipliaient du côté du barman, qui semblait pourtant encaisser ce flot de remarques sans broncher. Intérieurement, c’était différent et chaque remarque acerbe semblait plus douloureuse que la précédente. Elle le mettait face à ses multiples erreurs et face aux aspects les plus noirs de sa personnalité d’antan. Le pire était qu’elle n’avait probablement pas tort sur bien des points, mais ça, Lucas se gardait bien de le lui dire. Le barman se garda bien de l’interrompre, il la laissa appuyer là où ça faisait mal durant un temps avant de reprendre les rênes. Quand bien même elle était en droit de lui en vouloir après tout ce temps, de le détester pour ce qu’il avait fait, il n’allait pas se laisser marcher sur les pieds pour autant. C’était tout sauf dans ses habitudes. Il le sentait venir gros comme une maison que dans les secondes et minutes à venir, ils allaient se déchirer allégrement. Ce ne serait pourtant pas la première fois. « C’est bon, t’as fini ta petite plaidoirie ? On n’est pas dans un tribunal ici, Allie. Quoi que, je te l’accorde, je ferais un parfait coupable. » Effectivement, il en avait commis des délits, à échelle plus ou moins importante. Il n’y avait pourtant pas de châtiment assez important quand on brise le cœur de la personne aimée comme il l’avait fait. Quand bien même elle venait de l’incendier en bonne et due forme, Lucas ne put s’empêcher de l’observer avec un peu plus d’attention. Ses yeux la scrutant, notant mentalement toutes les différences notoires visibles à l’œil nu par rapport à la dernière fois qu’il l’avait vue, il y a de ça presque six ans. Il y a de ça une éternité. Sa chevelure avait abandonné sa couleur blonde d’antan, remplacée par une teinte cuivrée et une longueur plus courte que dans ses souvenirs. Cette robe noir qu’elle portait, mettait en valeur son corps qu’il connaissait il fût un temps, sous tous les angles, sous toutes les coutures. Pour Lucas, il était donc aisé de comprendre que celle qu’il avait quittée il y a quelques années de ça, était désormais une femme affirmée et non plus une adolescente. Elle s’était affirmée et avait certainement changé bien plus qu’il ne le pensait – comme elle tentait de lui prouver en fumant sans gêne, presque fièrement sous son nez par exemple. Pourtant, le constat six ans après était terrifiant : elle était belle à en crever et Lucas avait envie de se cogner la tête contre un mur pour la centième fois au moins pour avoir déconné de la sorte à l’époque. Idiot qu’il était. Comme elle le disait, il n’avait vu que sa petite personne dans l’histoire et sa peur certaine de l’engagement avait primé sur le reste. Il grimpa les deux marches qui les séparaient encore, de façon à être à sa hauteur. La fumée continuait de quitter la bouche de la rousse, s’écrasant parfois contre le minois masculin, avec cette odeur tout sauf appréciable. Il la jaugea quelques secondes du regard, s’attendant presque à ce qu’elle se recule devant cette proximité pour le moins inédite. Mais Lucas ne lui en laissa pas le temps. Son pouce et son index se saisirent sans ménagement du bâton de nicotine qu’elle arborait presque fièrement entre ses lèvres. Un geste rapide, alors qu’il écrasa la dite cigarette contre le petit muret à proximité. Suite à ça, il se recula, reprenant place sur la marche inférieure, de façon à laisser un certain espace entre leurs deux silhouettes. « Ca te va pas de ta gâcher la vie avec des conneries pareil. D’ailleurs, tu sais qu’une cigarette, c’est six minutes de vie en moins ? » Les phrases futiles de Lucas. Un vrai sketch. Même quand la situation était sérieuse, lui était incapable de l’être. On ne le changerait pas. Il était une cause perdue pour la science depuis bien longtemps. Ce dont il était sûr par contre, c’est qu’Allison n’hésiterait probablement pas à se rallumer une cigarette dans les secondes à venir, simplement pour lui nuire, pour lui prouver qu’elle s’en moquait bien de ce qu’il pensait et qu’elle agissait comme bon lui semble. Quand il le fallait, elle savait manier l’art de la provocation comme personne. « Si tu veux, on peut se donner rendez-vous dans dix ans oui. Même jour, même heure, même endroit, c’est ça ? Mais soyons réalistes : que ce soit demain ou dans dix ans, tu me détesteras toujours autant, pas vrai ? Ce n’est pas le temps qui effacera ta douleur, comme il n’effacera pas le poids de ma conscience contrairement à ce que tu penses. » Il reconnaissait à demi-voix qu’il s’en voulait, que ses actes passés lui pesaient. En effet, sa conscience n’avait jamais cessé de le tourmenter, tout comme le poids de ses actes et des déconvenues qu’il avait engendré. Il avait merdé et avait eu tout le temps de le réaliser. Il en prenait encore plus conscience maintenant qu’il se trouvait devant elle après tout ce temps. Lucas glissa ses mains dans ses poches avec une certaine déconctraction. Un calme apparent qui oscillait grandement avec la colère de la rouquine. « Oui, je suis parti, Allie. Oui, je t’ai pas donné la moindre nouvelle. C’est ce que tu voulais, non ? Je veux dire, t’avais été plutôt claire lors de notre dernière conversation sur ton souhait que je quitte ta vie. Alors, désolé de t’avoir déçu en ne t’envoyant pas une carte postale pour te signaler que j’étais toujours en vie. Je saurais pour la prochaine fois. » Si Lucas brillait pas son calme, il n’en perdait pas son sarcasme. Toujours en vie oui, mais un peu plus chancelant chaque jour qui passait, particulièrement maintenant, alors qu’il se trouvait devant elle. Il soupira, alors que des flics emplis de curiosité fixaient la scène avec un certain étonnement. Lucas les fusilla du regard, avant de reprendre la parole, à leur intention cette fois. « Vous voulez une photo, une dédicace peut-être ? » Parti comme il était, il allait encore s’attirer des ennuis, surtout qu’il était tout sauf en veine aujourd’hui. Le comble de l’ironie aurait été que le père d’Allie, lieutenant de police dans le dit commissariat fasse son apparition. Si un tel événement se produisait, Lucas pouvait signer son arrêt de mort par avance. Espérant avoir dissuadé ces policiers de les observer de la sorte, le barman poursuivit. « Ravi d’apprendre que tu te portais si bien sans moi, ça fait ma journée d’apprendre une telle nouvelle. J’aurais dû te demander une procuration ou une autorisation signée avant de revenir en ville, peut-être ? Désolé de cet oubli, je suis encore tellement omnibulé par ma petite personne, que ça m’ait passé au-dessus de la tête tu vois. » Il rebondissait sur ses paroles précédentes, alors qu’il avait envie de la secouer pour oser dire qu’il n’en avait rien faire d’elle ou d’eux. C’était tout le contraire, même s’il avait toujours eu du mal à le montrer et c’était encore le cas. Tentant de se défaire de cette ironie qui lui collait à la peau depuis de longues minutes, le barman s’accorda un léger temps mort dans cette entrevue à risque qui débutait à peine. Lucas observa la mallette qu’elle avait prudemment posée au sol avec une curiosité certaine. Très vite, les éléments se relièrent et il comprit la raison de sa présence au sein de ce commissariat. Un léger et fin rictus se laissa même entrevoir sur ses lèvres, sans qu’il ne s’en rende réellement compte. Il passait d’une humeur à une autre à toute vitesse. « Avocate, hein ? Je vois que mes prévisions à ce sujet se sont révélées exactes. » Dans cette phrase, contrairement aux précédentes, il n’y avait pas d’animosité, ni de sarcasme ou d’amertume. Plutôt une pointe de fierté de voir qu’elle était arrivée là où elle le voulait, qu’elle avait réussi tout simplement. Ces quelques mots, c’était une référence à leur passé commun, mais il était peut-être encore trop tôt pour ça après tout. Pourtant, Lucas prônait l’apaisement via cette simple phrase. Il avait pourtant du mal à imaginer que la jeune femme baisse les armes aussi facilement et se doutait que les minutes à venir seraient une nouvelle fois hautes en rebondissement et que de nouvelles blessures allaient probablement jaillir des deux côtés.
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MessageSujet: Re: Allison & Lucas + everything that kills me makes me feel alive. Mar 6 Aoû - 13:50

Je n'arrive pas à l'oublier. C'est terrible. J'ai décidé de ne plus le voir, mon coeur ne veut plus, ma tête refuse, mais chaque pore de ma peau hurle au manque. L'amour ça nait dans le coeur mais ça vit sous la peau. Et lui, il est tapi sous ma peau.

Allison n’était plus la même. N’importe qui aurait pu facilement le voir. A l’époque, c’était une adolescente comme les autres. Tête blonde brillant par ses bons résultats scolaires. Elle faisait la fierté de ses parents et de sa grande soeur. Elle était généreuse ; toujours prête à aider les autres et à donner de son temps pour les plus démunis. Elle était bénévole dans un refuge pour sans domiciles fixes. Elle aidait ses camarades dans le besoin. Allie était une jeune fille avec le coeur sur la main. Certains trouvaient même que la blondinette était trop gentille. Le genre de fille naïve qui finirait par se faire avoir à la première occasion. Elle était l’opposée de sa soeur aînée. Sara était beaucoup plus vive. Bien plus délurée que sa cadette. Le genre de fille à faire le mur le soir pour échapper à la surveillance accrue du père Fawkes. Elle s’était d’ailleurs souvent attirée les foudres de ce dernier. A chaque fois, là encore, Allie couvrait son aînée. Elle s’inquiétait même au point de rester réveillée pour être certaine que Sara n’avait pas eu de soucis. La défunte était une personne franche ; un brin renfermée sur elle et surtout du genre à se tester pour se sentir vivre. Triste et amer constat pour Allison quand on connaissait la suite de l’histoire. Mais le temps passa. Les épreuves s’accumulèrent. Son histoire avec Lucas d’abord. Un coup c’était des mots tendres. Et l’autre des insultes comme seul exécutoire. Ils se maudissaient parfois au point de s’ignorer, pour finalement mieux se retrouver. Lucas avait fini par user du moral de la blonde. Elle avait essayé de rester forte. Devant lui en tout cas. Elle refusait de faiblir. Elle refusait de baisser les bras la première. Une sorte de jeu sans fin entre eux. Le genre de jeu qui avait fini par les épuiser. Quand Lucas daigna enfin se déclarer, elle y avait cru. Comme une fille stupide et surtout amoureuse. Elle avait espéré un vrai changement de la part de l’homme. Des changements pour signifier de son avancée, de son envie de vraiment croire à leur histoire. Ça avait duré quelques mois. Puis tout s’effondra. Une infidélité. La pire erreur de Lucas. Allison s’en souvenait encore. Il n’avait pas eu besoin de parler. Son odeur puant l’alcool. Sa chemise froissée. Le rouge à lèvres sur le col et les mensonges balancés suffirent. Il avait cherché à se sauver en impliquant Blake. Mais quand Allie l’appela, ce dernier lui expliqua n’avoir eu aucune nouvelle de son meilleur ami. Pauvre con, qu’elle avait pensé en raccrochant. Lorsque la blonde comprit l’impensable à ses yeux ; son coeur se brisa. Des milliers de fêlures entourant cet organe. Elle avait même peiné à respirer correctement. Des larmes trouvèrent une source certaine dans ses prunelles claires. Elle l’avait détesté de toutes ses forces. Elle avait fini par partir et l’abandonner à son triste sort. En se réveillant le lendemain, tout était noir et flou. Cauchemar ou réalité ? Hélas, la seconde hypothèse s’imposa. Sara chercha à arrondir les angles en vain. Et le chapitre se termina par la mort tragique de l’aînée des Fawkes. Second épisode à foutre à terre la blonde. Une douleur qui n’était pas descriptible. Elle avait mal. Un mal de chien. Tellement mal que la colère et la peine l’empêchèrent de raisonner correctement. C’est ce flot d’émotions qui fut sans doute responsable du départ de Lucas. Allie le regrettait bien sûr. Mais pas question de l’avouer. Jamais. En quittant Charleston, elle laissa la blonde naïve et stupide au placard. La fin de l’histoire d’une fille trop idiote pour protéger son coeur.

A présent, c’était une rousse assumée qui se trouvait devant Lucas. La demoiselle ne faisait plus de cadeaux à personne. Elle avait totalement changé. Ses habitudes envoyées aux enfers. Elle était devenue plus déterminée que jamais. Le sarcasme devenait son meilleur allié. Elle avait appris à jongler entre des parades ironiques et des remarques cinglantes. En moins de deux, la rousse avait su se faire respecter par les plus grands ténors du barreau. Elle s’était faite une place parmi eux sans aucune prétention. Son cercle d’amis s’était réduit. Allison chassa pas mal de monde de sa vie. Son seul et unique but fût d’oublier sa vie d’avant. Elle pensait vraiment que ce serait possible. Elle était vraiment certaine d’y arriver. Et il avait fallu une seule et unique seconde pour que sa persuasion se retrouve envolée en fumée. Lucas était encore responsable de ses maux. Elle n’aurait même pas pu s’imaginer se retrouver en face de lui. Elle avait pourtant souvent rêvé de le voir revenir. Elle était assez idiote pour espérer qu’il ouvre enfin les yeux. Qu’il revienne en s’excusant pour son infidélité. Pour Sara. Pour toutes les conneries qu’il avait pu faire. Pour toutes ses fois où sa fierté causa de la peine à Allison. Mais rien. Ce moment n’arriva jamais. Et c’est au hasard de ce poste de police que les retrouvailles devaient se faire. Quelle ironie. Elle en avait assez. Elle n’était pas préparée. Elle venait de se prendre une énième claque. A la fois en croisant son regard mais surtout en réalisant que son indifférence masquait des sentiments bien réels. Tout était remis en cause. Son quotidien. Son couple avec Blake. Blake. Bon sang. Prénom revenant résonner dans son esprit. Lucas n’en savait rien. Et pourtant cet aveu brûlait les lèvres de la rouquine. Rien que pour voir son visage se décomposer. Rien que pour le voir blanchir sous l’effet de la nouvelle. Elle avait envie de le faire souffrir. Elle désirait le mettre à terre comme lui six années auparavant ; comme actuellement en vérité. Pourtant rien. Elle ne disait rien. Elle avait retrouvé le silence. Et c’est l’homme qui ouvrit les hostilités à nouveau. La première chose qu’il fit ; fut de s’approcher pour attraper la cigarette de la demoiselle. Sans ménagements, il l’écrasa contre la marche en béton. Sa remarque passée tomba aux oubliettes. Quand il osa parler de la santé de la rouquine, elle esquissa un sourire. Le genre de sourire qui puait évidemment l’hypocrisie. Monsieur faisait mine de s’inquiéter pour le sort de l’avocate. Elle s’en fichait bien. Elle n’y croyait même plus. Si tel avait été le cas ; il serait revenu. Il aurait osé l’appeler, tenter une approche. Il aurait réussi à passer outre la rancoeur respective pour se lancer et réparer les pots cassés. Pourtant rien ne se passa. Et ce n’était pas six années plus tard que ça arriverait. Allison ne bougea pas. Elle resta statique face à un Lucas qui devenait plus bavard. Ce dernier évoqua son retour. Apparemment selon lui, peu importe le nombre d’années qui pourrait les séparer, la peine de la rousse et sa hargne ne changeraient pas. Il avait enfin raison sur un point. De son côté, l’intéressée restait silencieuse. Elle se contentait de l’écouter. Ce dernier ne tarda pas à poursuivre. Il ne se priva pas de remettre la fameuse dispute sur le tapis. Celle où Allison avait dit des choses horribles. Des choses qu’elle ne pensait pas. Non, elle n’avait pas voulu que Lucas meurt à la place de Sara ; non elle n’avait pas voulu qu’il sorte définitivement de sa vie. Des paroles cinglantes qui étaient plus un appel au secours finalement. Un appel qu’il ne déchiffra pas. La fuite fut sa seule solution. La lâcheté de l’homme brillant un peu plus. La rouquine resta encore silencieuse. Elle ne bougeait plus. Son corps était comme paralysé de toute manière. Elle ne décrochait pourtant pas son regard de l’homme. C’est sans doute pour cela que la rousse ne remarqua même pas la présence et surtout les regards insistants de certains agents de police. Génial. Voilà qu’ils étaient l’attraction principale de la journée. Allison avait honte. Et surtout peur que ce vacarme finisse par alerter son père. C’était bien la dernière personne qui devait découvrir tout ça et surtout le retour du photographe. Lucas ne se priva pas d’ailleurs de faire une remarque aux concernés. Al sentit le rouge teinter ses joues. Quelle honte. Elle avait envie de s’enterrer dans un trou de souris pour ne pas avoir à détailler leurs regards. Mais les paroles de l’homme en face ramenèrent encore une fois la demoiselle à la triste réalité. Il ne faisait que l’énerver un peu plus. Lucas était bon qu’à çà. L’énerver ; la pousser à bout et surtout la faire souffrir. Dieu qu’il était doué dans ce domaine là. Pourtant après une seconde de silence, son ton paraissait plus posé. Il posa une simple question à la rousse. Une question qui aurait pu signifier une armistice entre les deux amoureux du passé. Mais c’était mal connaître la rancoeur quasi légendaire maintenant d’Allison. Elle continuait de tenir sa mallette alors qu’une mèche cuivrée cacha ses yeux. Elle la replaça et scruta le visage de Lucas, qui silencieux, attendait une réponse. Il avait fait un pas dissimulé vers la rouquine. Mais qu’il recule. Qu’il déguerpisse même. Ça n’avait plus d’importance. Un silence de quelques secondes s’apposa. La gorge de la rouquine se serra. Elle laissa échapper un soupire alors que son escarpin râpait le sol nerveusement.  « Je suis avocate oui. J’ai toujours été fan des causes perdues. Du genre assez idiote pour penser les sauver, tu sais comme avec toi à l’époque. J’ai été  assez idiote pour croire que de m’avoir à tes côtés suffirait à te rendre heureux. Je pensais que ça suffirait pour t’empêcher de faire d’autres conneries. Mais apparemment là aussi je me suis trompée. J’ai été trop naïve. J’aurais dû t’écouter. Tu sais quand tu me disais que j’étais trop gentille. J’aurais dû être une garce ou une traînée. C’était ton truc, y a qu’à voir la facilité surprenante avec laquelle tu m’as trompé pour une fille du genre. » Elle se mit à rire. Un rire qui sonnait faux. Parce qu’en réalité, elle n’avait pas le coeur à rire ; ni même à plaisanter de la situation. Il n’y avait rien de drôle. C’était deux pauvres crétins qui se faisaient du mal pour savoir qui achèverait l’autre la première fois. En retrouvant son sérieux, son regard paraissait plus fragile. Elle se donnait un genre. Le genre collant à la peau d’une fille apparemment sûre d’elle. Une fille capable de le faire souffrir sans souffrir elle-même. Tout ça n’était que leurre. Allison le savait très bien. Elle baissa les yeux. Pour la première fois depuis le début de cette entrevue chaotique. Elle s’avança et s’autorisa à s’assoir sur les marches. Elle en avait assez de tout ça. Elle se sentait surtout plus fragile que jamais. Ce fut d’ailleurs avec insolence qu’elle attrapa une nouvelle cigarette. Elle la coinça entre ses lèvres - sans plus attendre et l’alluma. En recrachant la fumée, elle fixa Lucas. « Celle-ci c’est pour ma santé. Elle te remercie de t’en soucier d’ailleurs. » Un sourire sarcastique décora sa bouche. Elle commença à tirer sur sa cigarette sans même faire attention à la réaction de Lucas. Qu’il l’écrase contre le bitume, elle en allumerait une autre. Trop longtemps, c’est lui qui provoqua la rousse. Durant toutes ces années ; maintenant les rôles s’inversaient. Ça aurait pu lui faire du bien à Allison mais hélas ce n’était pas le cas. Le seul effet de la nicotine fut de la calmer, en apparences du moins. Elle croisa ses fines jambes sur le côté, une main contre le bitume ; l’autre tenait la cigarette. « Tu sais, à l’enterrement de Sara, mes paroles étaient vraiment haineuses. Je t’ai dis des choses en laissant ma rancoeur parler. Et je t’assure. Je t’assure que j’ai vraiment regretté tout ça. Puis j’ai appris ton départ. Et j’ai fini par me dire que j’avais eu raison sur toute la ligne. Que tu avais décidé de fuir pas à cause de ça ; simplement parce que c’était toujours plus simple pour toi de pas affronter tes conneries. » Son ton n’était pas agressif. Il était presque neutre. Allie en venait à lui faire part de la simple vérité résonnant dans son esprit. Oui, elle avait regretté ses propos. Oui, elle avait accouru à son appartement avec l’idée folle et surtout stupide de s’excuser. Oui, elle avait eu envie d’arranger les choses malgré sa colère. Mais rien. Lucas avait filé à l’anglaise. Il avait abandonné la rouquine à son triste sort sans se soucier des conséquences possibles de son départ. Allison écrasa finalement sa cigarette consumée sur la marche. Elle tendit ses jambes. Jambes quasi parfaites mise en valeur par des bas en soie et des escarpins noirs. Elle le fixait en sentant sa cage thoracique devenir de plus en plus rapide à travers des mouvements saccadés. « Tu savais Lucas à quel point Sara comptait. Tu savais que c’était tout pour moi. Tu as été là pour voir nos fous rires, ces moments où elle me réconfortait, ces moments où on se disputait et que ça me faisait mal. Tu as tout vu. Sara te considérait comme un frère. Et toi, tu as rien fait. Elle est morte et tu as laissé ce fossé se creuser entre nous. » Sa voix se brisa. Ses yeux se mirent presque à briller. Allie avait envie de pleurer. Comme à chaque fois qu’elle évoquait Sara. Sa soeur qui s’était envolée trop tôt vers d’autres cieux. Sa mort était encore trop vive, trop inacceptable. Allison avait blâmé la terre entière pour cette perte, comme si ça allait la ramener, comme si ça lui permettrait d’aller mieux. Mais c’était faux. La preuve en était. Si forte avant ; si odieuse avec lui ; la voilà sur le point de craquer. Sa voix tremblante en attestait. Ses yeux verts qui brillaient aussi. La larme perlant au creux de son oeil - encore plus. Elle ne voulait pas craquer. Elle ne voulait pas céder à ses démons. Pas pour lui. « J’aurais aimé que tu reviennes. J’aurais même pu pardonner ton infidélité. J’aurais pu tirer un trait sur ma fierté pour toi. C’est pas comme si je l’avais jamais fais. Tu te souviens de toutes ces fois Lucas où je suis devenue assez soumise à mes sentiments pour toi ? Au point de m’effacer en espérant que tu m’aimerais assez pour le montrer. » Tête inclinée sur le côté. Un ton hautement sarcastique. Elle souriait sans en avoir envie. Sa respiration toujours aussi vive. Elle pinça sa lèvre inférieure en passant une main dans sa chevelure cuivrée. « T’es pas revenu. Tu as pas choisi de te battre pour moi. J’ai qu’à dire tant pis, c’est la vie. C’est toujours que la vie, hein. » Un rire nerveux. La vie qui avait décidé d’abattre son courroux sur les épaules d’Allison.  En lui prenant Sara, en lui prenant l’unique amour de sa vie. Son premier amour. Celui qui était censé durer la vie. Celui pour qui elle aurait déplacé des montagnes. Elle aura rien déplacé du tout. La seule conséquence aura été de retrouver son coeur en miette sur le sol.  Bravo Lucas. Elle le fixait encore. L’homme paraissait agacé et pour cause au vue de la situation. Lorsque la rousse détourna les yeux vers le droit, elle vit deux agents qui observaient la scène au loin. Un soupire quitta dans la foulée ses lèvres alors qu’elle reporta l’attention sur Lucas. « Mais dis-moi alors, pourquoi tu es revenu honoré les habitants de la ville de ta présence ? Je t’arrête tout de suite. Ne me sors pas un couplet larmoyant sur le fait que ça te manquait ici. N’oses pas non plus prétendre que tu revenais parce que moi ou tes amis on te manquait. Ça sonnerait trop faux. » Un énième sourire sarcastique. Ils tournaient en rond. Lui à encaisser les remarques de la rousse pour mieux le lui rendre. Et elle, attendant simplement qu’il vienne - enfin - la sortir de son enfer.

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“ here it comes ready or not, we both found out it’s not how we thought. that it would be, how it would be, if the time could turn us around what once was lost may be found, for you and me, for you and me. “
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MessageSujet: Re: Allison & Lucas + everything that kills me makes me feel alive. Mar 6 Aoû - 23:59


Je suis tombé amoureuse comme on attrape une maladie ; sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m'en défendre. Et puis, je l'ai perdu de la même manière

En plus de cinq ans, beaucoup de choses pouvaient se passer. Lucas avait eu tout le loisir de le comprendre. La ville où il avait grandi avait elle aussi subi les foudres du changement. L’ouragan avait été sans pitié, rongeant une grande partie de la ville au grand damne de ses habitants. Si Lucas n’était pas présent au moment des faits, les changements lui sautaient aux yeux à présent. Que ce soit des habitations reconstruites, des bâtiments entièrement rénovés, ou des nouvelles constructions, la ville de Charleston semblait comme neuve, renouvelée de tout part. Ses habitants aussi, qu’ils aient vécu la catastrophe ou non, semblaient profondément changés. Cette affirmation prenait tout son sens lorsque Lucas observait Allison. Elle semblait bien loin la jeune femme blonde de son adolescence, en compagnie de qui il avait découvert les prémisses et les conséquences parfois désastreuses de l’amour à ses débuts. Si elle avait tant changé durant le laps de temps qui leur avait été offert, Lucas s’en sentait particulièrement responsable. C’est lui qui l’avait trompé, lui qui était responsable du décès de sa sœur et encore lui qui avait mis les voiles après cet enchaînement d’événements ô combien désastreux. Un enchaînement de conneries de la part du barman. La jeune femme qui se trouvait devant lui, brillait désormais par sa froideur, une attitude que l’américain découvrait la concernant. Dans ses souvenirs, Allison n’était pas comme ça, au contraire. C’était cette fille un brin timide, qui faisait preuve d’une patience sans limite avec lui – quand bien même il lui donnait toutes les raisons possibles et inimaginables pour baisser les bras. Cette fille qui savait lui tenir tête quand il le fallait et avec qui, plus d’une fois il s’était disputé pour des choses insignifiantes. Cette fille qui sur le long terme, avait su le faire craquer au point de le rendre totalement accro de sa personne. Cette fille dont les émotions se lisaient toujours sur son visage et qu’il avait déçu plus d’une fois, à son grand désarroi. Cette fille qui avait su le rendre amoureux comme personne n’était parvenu à le faire depuis. Cette fille qu’il avait brisée, tout simplement. Voilà ce que t’as fait, Lucas. Bravo, vraiment. Mine de rien, la concernant, il avait peut-être fait autant de dégâts que l’ouragan, sauf qu’ils étaient plus durs à réparer.

Ainsi, ces pseudos retrouvailles entre les deux amants maudits qu’ils étaient prenaient une drôle de tournure. Ils se crachaient au visage à tout de rôle, mais qui marquerait le plus de points au final ? Qui remporterait la partie, tout simplement ? Les policiers présents au alentour et qui suivaient leur discussion avec intérêt pouvaient lancer les paris. Le mystère restait entier quant à l’identité du vainqueur final et c’était désormais à Allison de relancer. Lucas se doutait pertinemment qu’elle ne lui ferait aucun cadeau, qu’elle l’écraserait même si elle le pouvait. Voilà où ils en étaient arrivés. L’amour est devenu de la haine et la passion de l’indifférence. Deux inconnus qui se retrouvaient par hasard, au sein d’un commissariat, voilà ce qu’ils étaient devenus. Ils étaient passés du tout au rien et qui sait où ils se trouveraient d’ici quelques minutes. Lucas n’était plus sûr d’avoir réellement envie de savoir. En abordant son métier d’avocate, le barman lui avait tendu une perche, une mini-perche et il ne pouvait que se demander si elle allait la saisir. Lucas ne comptait plus le nombre de fois par le passé où il l’avait charrié quant à ses études qui lui prenaient tant de temps. C’était un truc entre eux. Leur truc. Lucas qui insinuait qu’elle passait trop de temps le nez plongé dans ses bouquins, Allie qui préférait rester concentrée dans ce qu’elle faisait en l’ignorant superbement, puis Lucas qui passait à l’action, laissant ses lèvres ô combien taquines retrouver le visage de l’étudiante. Au bout de quelques secondes seulement, un sourire naissait sur les lèvres féminines et le moment passé ensemble prenait alors une toute autre tournure, bien loin des révisions de la jeune femme. C’est loin tout ça, pensa Lucas à regret. Presque un souvenir d’une autre vie. La perche ne fût pas saisie par la jeune femme qui l’ignora superbement, s’engageant à la place dans un monologue qui rappela à Lucas, au cas où il l’aurait oublié, à quel point il l’avait déçue. Stoïque, le barman attendait que la sentence tombe, les poings et la mâchoire serrés. La jeune femme se laissa échouer sur les quelques marches faces au commissariat et après une légère hésitation, Lucas se décida à en faire de même, en laissant tout de même une certaine distance entre leurs deux silhouettes. Allie n’hésita guère avant de reprendre une nouvelle cigarette, qu’elle alluma comme s’il n’avait jamais éteinte la précédente, le gratifiant au passage d’une remarque ironique. L’américain se contenta d’acquiescer, nullement étonné qu’elle le provoque de la sorte. Il savait qu’elle agirait de la sorte, à croire qu’il la connaissait encore aussi bien. « Fume alors, si ça t’amuse de te donner un genre, fait donc. » se contentât-il de rétorquer. Si elle voulait sa bénédiction pour attirer les cancers et autres conneries du genre, elle l’avait. Le temps mort ne fût que bref, car très vite, les sujets qui fâchent revinrent à toute vitesse sur le tapis. Sara. L’enterrement. Les mots durs qu’elle avait eus à son intention. Son départ et le silence radio qui avait suivi jusqu’à aujourd’hui. Son retour qui n’avait failli jamais arriver. Tous ses torts et ses erreurs furent distillés, analysés et commentés. Le plus désagréable, c’est que la plupart du temps, elle n’avait pas tort et savait pertinemment où appuyer pour lui faire mal. Les questions de la rousse restèrent sans réponse, tant Lucas brillait par son silence à cet instant. Il la voyait faiblir sous ses yeux, sans intervenir pour autant, car il se doutait qu’elle ne le laisserait pas faire. Alors, quand après quelques secondes, le silence fût à nouveau de mise, Lucas se décida à répondre à ses nombreux reproches et répliques cinglantes. La discussion s’annonçait une nouvelle fois musclée et ni elle, ni lui, n’allaient probablement sortir indemne de ce second round qui s’annonçait aussi musclé que le premier. « Bien-sûr que je savais à quel point Sara comptait, l’importance qu’elle avait à tes yeux. Et crois le ou non, mais ma culpabilité de te l’avoir enlevé était bien réelle. Elle l’est toujours d’ailleurs, car je sais que peu importe ce que je ferais, rien ne la ramènera. Même si je m’excusais des centaines de fois, ce ne serait pas assez, pas vrai ? » Il n’avait pas vraiment besoin d’une quelconque confirmation à ce sujet. Le manque de Sara serait toujours là pour son ancienne petite-amie et Lucas était le seul à blâmer à ce sujet. A demi-voix, il venait de reconnaître qu’il était désolé pour lui avoir pris cette part d’elle, cette sœur avec qui elle était inséparable. Comme souvent, Lucas réagissait avec un temps de retard plus que conséquent. Une vieille habitude avec lui. Une mauvaise habitude. S’il était revenu plus tôt, les choses auraient pu être différentes. Mais avec des si, c’était bien connu, on refaisait le monde. « Maintenant je suis là. Même si c’est trop tard. » se contentât-il de dire en évitant son regard, conscient qu’il avait laissé passer sa chance pour la énième fois. Dieu sait qu’il aurait aimé lui crier : je suis revenu, Allie, pour toi principalement. Laisse-moi une chance de te prouver qu’on peut s’aimer à nouveau. Mais il n’avait rien dit. Comme souvent, Lucas a préféré taire ses sentiments, trop réticent à les exposer. A croire qu’on ne le changerait jamais. Pourtant, il sentait qu’il devait fournir au moins un début d’explications quant à son retour si soudain. Pourquoi était-il revenu ? En ce moment, il se posait vraiment la question. Lucas soupira pour la je ne sais combientième fois de la journée. « Je suis revenu car j’ai réalisé que je ne pourrais pas fuir éternellement, qu’il y avait bien un moment où il faudrait que je reprenne mon souffle et que j’assume mes conneries. J’ai mis du temps à tilter, je le reconnais. Je suis revenu pour voir si cette lueur de haine à mon intention que j’avais perçue dans ton regard la dernière fois qu’on s’est parlés était toujours aussi importante. Je suis revenu, car je pensais être prêt à l’affronter cette haine que tu as à mon intention, car je me pensais prêt à t’affronter toi aussi. Je suis revenu parce que j’estimais qu’il était temps de le faire et que ça te plaise ou pas, je suis de retour pour de bon à présent. » Le barman jugeait utile de faire cette précision, de la prévenir qu’il ne comptait pas mettre les voiles à nouveau de sitôt. Sait-on jamais si cette nouvelle lui procurerait un minimum d’intérêt. Il l’observa à nouveau avec attention, constatant qu’elle se donnait bien du mal pour tenter de rester forte face à lui, alors qu’elle semblait à deux doigts de craquer. Mais Allison savait jouer des apparences, même avec lui qui la connaissait autrefois si bien. « T’as changé, Al’. Bien des choses ont changé ici j’ai l’impression. » Il ne faisait pas seulement référence à elle, mais aussi à la ville, qui avait su renaître de ses cendres après cet ouragan dévastateur il y a cinq ans de cela. « Ton attitude a changé. T’es plus froide, plus austère aussi. Tu ne te laisses plus marcher sur les pieds. Physiquement aussi, tu me sembles différente. » Il lui avait fallu seulement quelques minutes pour remarquer toutes les différences notoires dans sa personnalité. Lucas la connaissait si bien à une époque qu’il était presque simple de noter les changements. Pourtant, à contrario, certaines choses semblaient désespérément statiques. Certaines idées principalement. Ainsi, sa main encercla légèrement son poignet, comme pour s’assurer son entière attention dans les secondes à venir. Un changement d’humeur soudain. Avec le barman, c’était soit tout noir, soit tout blanc. Un premier contact physique entre eux. Lucas se redressa à peine, de façon à que leurs deux visages soient un peu plus proches qu’auparavant. Ils se vrillèrent du regard presque férocement. Ce serait à celui qui baisserait les yeux en premier que ça se jouerait. Allie se demandait probablement ce qu’il allait encore faire ou dire. Avec lui, elle pouvait s’attendre à tout, mais surtout au pire. Elle était habituée à cette mécanique infernale concernant l’américain. « Je constate aussi que certaines choses sont toujours les mêmes. T’es encore et toujours du genre idiote pour croire que j’en avais réellement quelque chose à faire de cette fille, de cette inconnue à l’époque. J’en avais rien à foutre de cette nana. Que ce soit de la couleur de ses sous-vêtements, qu’elle soit brune ou blonde, qu’elle soit bonne ou nan, je m’en moquais bordel. Je suis peut-être une cause perdue oui. Un enfoiré ou ce que tu veux, mais si je suis allé voir ailleurs ce fameux soir, c’était pas par simple plaisir de sauter une garce ou une trainée comme tu le dis, mais simplement car j’ai flippé. Oui ça n’excuse rien, oui le résultat est le même et oui oui, c’était loin d’être la meilleure chose à faire, mais mets toi dans la tête une fois pour toute qu’il n’y avait aucun sentiment. Donc la cause perdue qui ne sait faire que des conneries comme tu le dis si bien, elle t’emmerde au fond. » Une tentative vaine de s’expliquer qui se soldait par un échec, avec des mots pleins de haine et une rancœur vieille de cinq ans qui avait eu le temps de mijoter, explosait aux yeux de la mauvaise personne. Lucas ne pouvait que s’en prendre à lui-même pour toutes les erreurs qu’il avait commises. Mais il se devait de lui expliquer son raisonnement, bien que celui-ci soit loin d’être logique – comme souvent le concernant – et que sa culpabilité restait engagée. Le pire était probablement qu’il n’en avait pas encore fini. « J’espère simplement qu’aujourd’hui, t’auras trouvé le garçon parfait, propre sur lui, qui n’aura aucune difficulté à t’aimer et qui n’aura pas le malheur de reproduire les mêmes erreurs que moi. Ca doit courir les rues, non ? T’as peut-être pas eu à chercher très loin. » Le barman lâcha le poignet féminin avant de se lever pour s’éloigner de quelques pas. Tentative vaine pour masquer ses faiblesses. Il tendait le bâton pour se faire battre. Il lui glissait le revolver entre les mains pour qu’elle l’achève totalement. Déjà, il se sentait presque vaciller, prêt à sombrer dans des abysses bien obscurs. En vérité, Lucas n’avait aucune envie d’apprendre que quelqu’un l’avait remplacé. Que désormais, elle partageait sa vie, ses nuits et ses draps avec quelqu’un d’autre que lui. Il cédait à l’énervement petit à petit. Il passait d’une humeur à une autre à toute vitesse- plus bipolaire tu meurs. Et le pire était probablement encore à venir.
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MessageSujet: Re: Allison & Lucas + everything that kills me makes me feel alive. Mer 7 Aoû - 3:18

Quand je panique la mécanique de mon cœur déraille au point que je me prends pour une locomotive à vapeur dont les roues décollent dans les virages. Je voyage sur les rails de ma propre peur. De quoi ai-je peur ? De toi, enfin de moi sans toi.

Allison avait souvent été rêveuse. Le genre de filles des comédies romantiques à deux sous. L’adolescence irréprochable sous tous les rapports. L’adolescence qu’on ignorait parfois ; qu’on ne voyait pas souvent. Celle qui attendait de rencontrer la bonne personne. Ce garçon qui serait capable de vraiment la voir. De tomber amoureuse d’elle au point de n’avoir envie que de sa personne. Elle se gavait de films à l’eau de rose. Elle lisait des bouquins où les chapitres de fin se soldaient toujours par la même rengaine. Le héros se réveillant ; réalisant ses sentiments. Le héros comprenant qu’il n’aimait que cette pauvre fille des débuts. Le héros accourant à ses côtés pour entamer une tirade quasi romanesque et déposer ses lèvres contre les siennes. Clap de fin. C’était ça le bonheur alors ? Erreur totalement vulgaire. Des clichés qui filaient de hauts le coeur à Allison maintenant. Depuis Lucas. C’était toujours Lucas le problème. Parfois, elle aurait aimé remonter le temps. Elle aurait voulu empêcher ses prunelles émeraudes de se déposer sur la silhouette masculine. Elle se souvenait encore de leur rencontre. Elle ouvrant son casier. Lui à l’autre bout du couloir à chercher des noises à un autre type. Incrédule, Allison avait observé la scène. Ame innocente qui venait de s’égarer sur son futur tortionnaire. Elle n’avait pu décrocher son regard de ce moment. En parcourant le corridor - passablement énervé - Lucas avait fait tomber un bouquin. Il n’avait même pas jugé bon de le ramasser. Non, il avait quitté le lycée sans prendre la peine de se retourner. La blonde avait alors ramassé l’ouvrage. Le soir, à la fin de ses cours, en sortant, elle avait entamé le même chemin qu’elle connaissait par coeur. Chemin la conduisant au sein de la demeure des Fawkes. Après à peine cinq minutes de route, elle avait entraperçu Lucas, assis sur un banc dans un petit parc. Parc qu’elle connaissait par coeur pour fouler son sol chaque jour en se rendant au lycée. Hésitante et timide, elle était restée immobile durant quelques secondes. Finalement, elle avait fini par s’avancer vers lui. Sur le moment, le garçon resta silencieux et froid. Comme à chaque fois en vérité. Elle s’était osée à tendre le livre en haussant les épaules. En l’attrapant, il garda cette impassibilité légendaire, sans souffler le moindre mot. Allison s’était sentie plus que stupide. Elle avait emboité le pas sans oser se retourner. Pourtant, il l’interpella bien vite. Un simple Hey suivit d’un merci. Elle avait sourit en guise de réponse. Leur premier vrai échange. Quelque chose de banal. D’anodin. Une rencontre comme il pouvait s’en passer des milliers dans le monde. Une rencontre qui allait tout changer. C’était ça le mythe du coup de foudre ? Rencontrer quelqu’un par le plus grand des hasards. Rencontrer quelqu’un sans se douter que ce serait la personne capable de tout changer. La personne qui révolutionnerait un quotidien morne. La personne capable d’attirer un sourire même quand le coeur n’y était pas. Le genre de personne qui même avec ses défauts empiétait sur les autres. Ça avait le cas. Allie avait été foutue d’avance. Accro comme si Lucas était une drogue. Ce besoin viscéral de lui parler tout le temps ; cet envie de l’avoir à ses côtés ; ses pensées se perdant à les imaginer allongés l’un contre l’autre avec la douceur en guise d’impératrice. Allison était devenue dépendante. Elle avait plus voulu se passer de lui. C’était sa dose de bonheur au quotidien. Malgré les disputes, malgré les larmes, c’était lui et personne d’autre. C’était le seul pouvant capter son attention. Les autres garçons ? Elle s’en fichait éperdument. C’était ça alors l’amour. Cette impression de dépendance. Cette sensation de mourir si tout venait à s’écrouler. C’était pas qu’une impression. C’était pas qu’un mythe du hasard. C’était vraiment la vérité. Parce que quand Lucas est parti, Allison avait cru mourir. La pauvre idiote crevant sur place en réalisant qu’elle avait perdu la seule et unique personne capable de la sauver. Le héros quittant le champ de bataille. La pauvre idiote restant sur le bas côté comme un chien abandonné.

Et cette fois-ci, Allison ne faiblissait pas. Elle n’avait pas envie de le faire. Sa raison lui dictait de continuer sur cette voie. Rester froide, ne pas permettre à Lucas de pouvoir lire en elle comme dans un livre ouvert. Elle refusait qu’il comprenne la vérité. Elle n’avait pas envie qu’il voit ses larmes. Larmes dont il avait été bien trop souvent responsable. Elle ne voulait pas qu’il s’approche. Ni même qu’il tente ne serait-ce que de frôler son échine. Ce serait douloureux. Beaucoup trop douloureux. Aussi douloureux qu’une lame de rasoir s’apposant sur le poignée d’une fille désirant en finir avec la vie. Pourtant le coeur de la rousse lui dictait tout autre chose. Elle avait envie de baisser les armes. Elle voulait esquisser ce petit sourire qui faisait craquer Lucas à chaque fois. Elle voulait descendre d’une marche et arrêter de le dominer de par ce regard méprisant. Sa main irait s’apposer contre sa joue. Elle effleurerait son échine dans une douceur  qu’on lui connaissant auparavant. Elle soupirerait quelques paroles inaudibles. Puis elle finirait par craquer comme une enfant abîmée par la vie au creux de ses bras. Elle passerait alors les bras autour de sa taille pour déposer sa tête contre son buste viril. Une fois la tempête éloignée de la scène, ses lèvres viendraient happer celles de l’homme. Elle l’embrasserait au point de sentir son coeur exploser. Elle l’embrasserait au point de sentir sa bouche picoter. Ça c’était ce qui pourrait arriver si la demoiselle disposait d’un minimum de courage. Non, au lieu de ça, elle restait là en face de lui. Odieuse au possible. Sachant pertinemment sur quels points sensibles appuyer. Elle le connaissait par coeur. Elle savait ce qu’il lui faisait mal à Lucas. Elle savait quoi dire ; quoi prétendre ou insinuer pour lui faire ressentir une vague de douleur dans le creux du coeur. Il lui suffisait d’évoquer son père Stan et leur relation complexe. Sans parler de son impulsivité à chaque fois qu’elle approchait un autre homme de trop près. Elle aurait pu aussi continuer de parler de Sara. Car au fond, même si Allison refusait de l’admettre, son aînée était devenue un autre point faible du photographe. Elle savait reconnaître la colère de Lucas. La tendresse de ce dernier. Ou même les fois il avait envie de lâcher prise et faire tomber les masques. Elle savait tout de lui. Et il pouvait aisément dire la même chose de la rouquine. Le silence était redevenu roi. Leurs regards continuant de se scruter. Ils ressemblaient à deux inconnus sur un champ de bataille - près à dégainer une arme et à achever l’autre. L’arme remplacée par les paroles assassines. C’était encore pire qu’une douleur physique au fond. Toujours aussi silencieuse, elle se contentait de l’observer. Et très vite, Lucas osa reprendre la parole. Il parle d’abord de Sara. Il essaya de lui faire comprendre que même si des excuses s’échouaient dans l’air chaque jour ; le résultat serait le même : Elle ne reviendrait pas. Le simple fait de l’étendre dire ça, lui faisait un mal de chien. Le coeur d’Allie sombrait un peu plus. A chaque fois que le prénom de Sara quittait les lèvres masculines, c’était un coup de poignard qui s’enfonçait dans ses chaires. Pourtant en façade, la demoiselle ne laissa rien transparaître. Visage fermé. Yeux brillants malgré tout. Se mentir ; s’auto-persuader que cette douleur finirait par passer. Mais c’était faux. La preuve en était. Ça faisait des années que ça durait. Six longues années au total.  Il continua son discours en évoquant les raisons précises de son retour à Charleston. Il parla de son envie d’affronter ses erreurs. De ne plus reculer. De ne plus prendre peur à chaque fois qu’il imaginait ce moment. De retrouver un second souffle. Une tirade qui finissait par s’évanouir contre l’échine d’Allison. Il avait beau être sérieux et penser chacun de ses mots ; elle n’arrivait même plus à le croire. Et le silence qui s’apposa en fut témoin. Elle ne disait rien. Que répondre ? Elle n’avait rien à dire ; rien à lui promettre. Tout était fini et enterré. Et aucun mot ne serait assez fort pour la convaincre de retomber dans ses bras. Pas actuellement en tout cas.  Il continua alors évoquant le changement radical  de la rouquine. Il explicita même point par point ce qui avait changé chez elle. C’est à ce moment précis que la demoiselle se mit un rire. Ce ne fut pas un rire cristallin. Ce fut surtout un rire nerveux et complètement faux. Une parade pour ne prendre la fuite là tout de suite. « Mais je suis différente Lucas. Je ne suis plus la Allison que tu as connu. J’ai appris à rendre chacun des coups qu’on me donne maintenant. Comme les tiens à l’époque. C’était pas des coups physiques que tu me donnais. C’était des coups psychologiques. Des coups qui restent gravés. Tu sais, le genre de coups qui fait qu’un matin tu te lèves, tu réalises que tu as perdu ta soeur, le type que tu aimais. Tu réalises que tu as absolument tout perdu. Et y a deux solutions, tu avances ou tu crèves. J’ai choisi la première parce que crever pour toi, ça faisait trop longtemps que je le faisais. » S’osa-t-elle finalement à répondre.  Des paroles assassines. Une réplique tranchante - ne laissant aucune place au dialogue. Elle voulait le foutre à terre. Elle voulait le voir se décomposer. Elle avait envie de l’écraser contre le bitume pour que lui aussi mette des années à se relever. Allison l’agneau sans défense devenant une louve prête à bouffer sa proie. Elle continuait de le fixer avec un regard noir.  « Alors oui, j’ai changé. Et que ça te plaise ou non ça changera pas. Je suis devenue exactement comme toi en fait. C’est drôle non ? Ou peut-être pas en fait. » Un énième rire. Preuve que là encore, Allison ne maîtrisait rien. Elle passait d’une émotion à une autre. Elle ne cherchait même pas à comprendre la position de Lucas. Un échange verbal qui ne faiblissait pas. Le genre d’échange qui finirait forcément par mener l’un d’entre eux à sa perte. Ou même les deux d’ailleurs. Pourtant, cette fois-ci, Lucas n’était pas prêt à baisser les armes. Il se rapprocha un peu plus. Sa main entoura le fin poignet de la rousse. Premier contact cutané. Des frissons s’écrasant contre son échine. Son corps se mettant presque à trembler. Elle ne comprenait plus rien. Allie voulait qu’il recule. Elle ne désirait pas sentir cette proximité se créer. Ça devenait n’importe quoi. Leurs visages se rapprochant. Leurs souffles se croisant. Elle voulait lui hurler de se tirer ; de s’éloigner ; de l’abandonner car il n’était bon qu’à çà. Mais ses lèvres restèrent muettes. Les mots emprisonnés derrière ces barrières teintées de rose. Il osa alors remettre le sujet de son infidélité sur le tapis. Un sujet bien trop épineux. Allison chercha à dégager son poignet. Les mots de Lucas étaient trop douloureux. Il cherchait à lui faire comprendre que cette fille à l’époque n’avait aucune importance. Il voulait lui faire comprendre que ce n’était qu’une vulgaire erreur. Le genre d’erreur découlant d’un coup de flippe monumentale. Saloperie d’excuse que la rousse ne voulait même plus entendre. Qu’il se taise bon sang. Elle pinça sa lèvre inférieure pour s’empêcher de faiblir, de tomber comme une idiote à ses genoux en lui soufflant un vague et si on recommençait à zéro. Pourtant les paroles quasi tendres se transformèrent en poignards. Encore une fois Lucas laissait son côté sanguin reprendre le dessus. La fois de trop. Allison n’allait pas en rester là. Il évoquait sa facilité presque certaine à avoir dû le remplacer. Elle souriait d’avance. En vérité le remplacer, elle n’y avait jamais pensé. Six années à se fourvoyer dans d’autres draps parfois pour une nuit ou deux. Juste pour se sentir un peu vivre. Mais c’était ça la vie ? Coucher avec un inconnu et ne même pas sentir son échine frissonner une seule fois ? Apparemment. Allison savait pertinemment que personne ne serait à même de lui faire un effet comparable à celui causé par Lucas. Même pas Blake ; malgré sa gentillesse ; tendresse. Malgré tous les efforts qu’il faisait au quotidien pour la rendre heureuse. Très vite, Lucas lâcha alors son poignet et se recula de quelques pas. Le silence redevenant roi. A nouveau debout, Allison observa les alentours avec une mine faussement mielleuse. Elle le regarda quelques secondes avant d’esquisser un rictus victorieux.  « Tu as raison sur toute la ligne...j’ai pas eu à chercher bien loin. » Commença-t-elle à dire en inclinant sa tête sur le côté. La demoiselle pinça sa lèvre inférieure avant de descendre une première marche. Cette fois-ci, c’est elle-même qui décidait de couper court à la distance crée avec Lucas. Elle se stoppa. Sa mallette calée contre le côté de sa hanche. Elle laissa un soupire inaudible filtrer hors de ses lèvres avant de reprendre. « Je pense même que tu pourras remercier Blake. Tu sais ton meilleur ami ? Il a été très prévenant avec moi. Il s’est même occupé de moi avec beaucoup d’attention et de tendresse. Dans tous les sens du terme évidemment. » Elle fit exprès d’employer un ton puant l’insolence. La bombe venait d’être lâchée. Pourtant, Lucas paraissait ailleurs ; effaré ; complètement achevé par ce qu’il entendait. La provocation ne s’arrêta pas là. Allison descendit une nouvelle marche ; puis à nouveau elle se stoppa. La demoiselle continuait de le fixer. Elle faisait volontairement planer un silence pesant pour alourdir l’ambiance. Au point où ils en était toute manière. « Oh. Tu dois te demander où je veux en venir, pas vrai ? » Enième sourire. Enième insolence dans sa voix. Elle tortilla une mèche de sa chevelure rousse avant de reprendre. « Blake et moi on est en couple depuis quelques temps maintenant. Et pour ta question de toute à l’heure, oui, il me rend extrêmement heureuse en effet. » Elle paraissait heureuse de lui annoncer. Elle voulait laisser entrevoir le visage d’une fille amoureuse et complètement épanouie. Si seulement Lucas avait conscience de la vraie réalité. Celle qui clamait que le seul dont elle était vraiment éprise, c’était lui. Rien que lui. Ça avait toujours été que lui de toute manière. Lucas vira au blanc. Il paraissait à la fois désabusé et énervé. La rage devait sans doute grimper bien des étages dans ses chaires. Allison le connaissait très bien. Elle savait que d’ici quelques minutes, il enverrait tout valser. Mais la demoiselle s’en fichait bien. Ça n’avait plus aucune importance. Elle voulait gagner ce round là. Même si au fond, la rouquine s’effondrait dès que Lucas tournerait les talons. « Y a un problème Lucas ? Je te trouve un peu pâle. Ou alors tu es énervé peut-être ? » Provocation encore. Elle souriait toujours. Elle était devenue en l’espace de quelques secondes une espèce de fille sans coeur et abrupte. Volontairement, elle descendit une dernière marche. Elle était à présent à la même hauteur que Lucas. Leurs regards se scrutant. Leurs prunelles prêtent à dégainer des balles pour meurtrir leurs cœurs un peu plus. La rousse sentit une brise frapper son échine. Cela suscita un contraste déroutant. La rouquine continua alors de sourire. C’était sa seule parade.  « Cette nouvelle te fait du mal ? » Comme si la réponse ne paraissait pas évidente suite au regard colérique du photographe. Allison se rapprocha alors. Leurs corps se frôlaient. Lucas ne comprenait absolument plus rien. Les lèvres rosées de la demoiselle s’approchèrent de l’oreille du type. Son souffle saccadé emprisonna l’échine masculine. Un geste quasiment sensuel. A croire que la rouquine testait ses propres limites. Ce rapprochement la faisait fléchir. Elle avait envie de tout stopper, de lui dire de l’emmener au bout du monde ; de lui faire l’amour comme si sa vie en dépendait ; de lui dire je t’aime en guise de salut pour se sauver. Mais rien. La scène s’éternisa quelques secondes. « J’espère que oui en tout cas. » Soufflât-t-elle finalement au creux de son oreille. Elle fit en sorte que sa langue vienne - à peine - frôler le lobe d’oreille de Lucas. Puis, elle se recula. Elle remonta de deux marches. Elle coupa d’une manière brusque tout contact. Le feu et la glace. La demoiselle le fixa ; un sourire sadique sur les lèvres. Je viens de te tuer Lucas ; comme tu l’as fais y a six ans. Balle au centre, on reprend à zéro ? Certainement pas.

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“ here it comes ready or not, we both found out it’s not how we thought. that it would be, how it would be, if the time could turn us around what once was lost may be found, for you and me, for you and me. “
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MessageSujet: Re: Allison & Lucas + everything that kills me makes me feel alive. Mer 7 Aoû - 18:54


je me demande combien de temps encore ces images vont rester nettes, limpides, avant de se déformer, puis de se brouiller, puis de s'effacer ; avant que je ne les oublie. j'aimerais les serrer contre moi, comme on serre contre soi un corps aimé, de toutes ses forces, pour le retenir. mais je sais bien que, de la même manière qu'on ne peut retenir un amour, on ne retient rien de son passé, il s'échappe lentement, chaque jour davantage, et on ne choisit pas ce qu'on en garde.

Allison et Lucas, une relation complètement énigmatique. Deux ans d’écart et un monde qui semblait les séparer. Ils étaient diamétralement opposés. Elle, rêveuse, brillante et sûre de ce qu’elle voulait. Lui, tout le contraire, brillant plus par son hésitation quand cela concernait ses sentiments. Une rencontre fruit du hasard qui avait pourtant tout changé. Quand l’amour frappe à votre porte, souvent, on ne sait pas à quoi s’attendre ni comment réagir. Jamais Lucas n’aurait pu imaginer qu’Allison bouleverserait autant de choses. Elle avait pourtant su s’imposer à lui, petit à petit, quand bien même il avait mis sa patience à rude épreuve. Au départ, les choses s’étaient faites doucement. Deux êtres qui cherchaient à s’apprivoiser, à se comprendre, c’est ce qu’ils étaient au départ. Des discussions de plus en régulières, des moments passés ensemble de plus en plus nombreux. Lui qui se perdait dans le vert de ses yeux. Elle qui craquait devant son sourire de parfait idiot. Un premier baiser avait indéniablement fini par arriver entre les deux protagonistes. Deux silhouettes qui arpentaient les rues de la ville, alors qu’Allie s’était engagée dans un monologue interminable. Lucas avait perdu le fil depuis longtemps et c’est tout aussi soudainement qu’il avait arrêté la jeune femme, avant de se pencher dans sa direction pour saisir ses lèvres avec vivacité. Il la prenait par surprise, l’embrassant alors qu’elle ne s’y attendait pas vraiment. Leurs bouches se mélangeaient, tandis que leurs langues se taquinaient. Un baiser particulier des deux côtés, loin d’être similaire avec ceux qu’ils avaient pu échanger au préalable avec n’importe qui d’autre. Le cœur qui s’emballe, les frissons qui apparaissent, une sensation inédite des deux côtés. Lucas avait fini par se reculer, alors qu’un léger sourire se laissait entrevoir sur ses lèvres. Ca, c’était les bons moments. Il y avait aussi eu des déceptions, des moments de doutes, des larmes. Il avait fallu un laps de temps plus que conséquent à Lucas pour reconnaître et admettre la nature de ses sentiments. Durant cette période étalée sur la durée, il avait plus d’une fois blessé celle qui était si chère à son cœur. Une attente considérable avant que Lucas ne se lance enfin à l’eau. Et pourtant, leur relation à peine éclose était morte dans l’œuf. En fait, l’amour ça fait mal. Ca vient et ça repart. Ca sépare. Ca endurcit. Ca change complètement certaines personnes. Y avait qu’à les regarder eux pour comprendre. Allison et Lucas. Abimés par l’amour, ils n’avaient plus grand-chose à voir avec les personnes qu’ils étaient y a de ça maintenant bien des années. Chacun avait changé à sa manière, comme pour se protéger de la faiblesse qu’ils incarnaient l’un pour l’autre.

Et Lucas n’avait pu s’empêcher de lui dire à haute voix à quel point il avait remarqué qu’elle était devenue totalement différente. A croire que six années suffisaient à vous modeler une toute nouvelle personne. Une Allison 2.0, en apparence du moins. La blonde de son adolescence lui manquait. Après tout, c’est d’elle qu’il était tombé amoureux et non d’un iceberg aussi froid que de la glace. Le barman savait qu’elle n’avait pas totalement disparu. Qu’il suffisait de creuser un peu pour la retrouver. Malheureusement, il avait oublié sa pelle. A la place, il se prenait d’innombrables râteaux, des répliques emplies de froideur et d’ironie pour le maintenir à distance. Des armes qu’il avait l’habitude de maîtriser il fût un temps, mais il semblerait que la passation d’armes se soit faite sans qu’on daigne le prévenir. Lucas aurait aimé que ce petit jeu malsain, cette provocation perpétuelle s’arrête. Il aurait voulu l’attirer dans ses bras pour lui faire oublier le passé. Malheureusement, il n’avait aucune baguette magique à disposition pour se faire. Le passé resterait ancré dans leurs deux corps quoi qu’il se passe. Lucas ne retrouverait pas la Allison de ses souvenirs en claquant des doigts. Ce serait trop simple. Avec eux, c’était toujours dur, long et particulièrement éprouvant. Toujours le même schéma. Tous les deux silencieux depuis quelques secondes, ce silence fût brisé par le rire de la jeune femme. Un rire plus amer qu’autre chose. Elle lui confirma combien elle était différente, combien elle avait changé. Lucas l’avait bien compris, mais l’entendre le dire avant tant de nonchalance, c’était autre chose. Ce qu’elle lui disait, ça le blessait au fin fond de sa chaire. Des coups psychologiques, en voilà une nouveauté. Lucas encaissa, tel un boxeur à qui on venait de casser lez nez. Elle se disait comme lui à présent, mais le barman était loin de trouver ça aussi drôle qu’elle. « Des coups psychologiques tu dis… Et bien, j’étais loin de penser qu’on en était arrivé à ce stade. Que j’avais le rôle du bourreau et toi celui de la victime. » Complètement désabusé, si elle tentait de le couler, elle était en train de réussir son coup. « Par contre, ça te va pas du tout d’être comme moi. Laisse ça à l’original j’ai envie de te dire. » Cette conversation prenait vraiment une tournure étrange. Lucas se demandait quelle serait la prochaine échéance. Peu importe ce que ça serait, il la redoutait d’avance, car il savait pertinemment qu’Allison avait les armes idéales pour le blesser un peu plus, pour l’entailler jusqu’au cœur même. Il l’avait lui-même provoqué en mettant sur le tapis qu’elle n’avait pas dû avoir trop de mal à le remplacer, lui le garçon aux multiples défauts et via ces quelques mots, il ne croyait pas si bien dire. Les premiers mots de la jeune femme à ce sujet l’intriguèrent grandement. L’incompréhension primait sur le reste. Lucas ne voyait pas où elle voulait en venir, mais il avait un mauvais présentiment et sentait déjà les ennuis arriver au galop. Allison s’apprêtait à lui assener le coup de grâce et inconsciemment, il était peut-être déjà à terre, épuisé par cette conversation destructrice entre eux. Et puis, le couperet tomba. Le prénom de Blake s’invita à la conversation et il fallut quelques secondes à Lucas pour comprendre où elle voulait en venir. Déjà, ses sourcils se froncèrent et son visage prit une couleur pâle. Les événements se relièrent entre eux. Blake et Allison. Un couple ? Qu’est-ce que c’était que ce délire. La douleur s’invitait dans ses veines, il voyait rouge, tel un taureau lors d’une corrida. Une nouvelle blessure naissait déjà du côté de Lucas et le sang perlait abondamment. C’est comme si elle lui avait enfoncé un poignard en plein cœur et Allie savait viser là où ça faisait mal. « C’est une mauvaise blague, j’espère ? » Il aurait aimé y croire, entendre que tout ceci n’était qu’une vaste plaisanterie. Mais la jeune femme arborait un sourire plus qu’ironique et se délectait de ses émotions, tant son visage parlait pour lui en cet instant. Il avait toujours été incapable de masquer ses sentiments, particulièrement quand des choses l’irritaient et ça venait encore de se confirmer. Lucas ne percevait plus les paroles de son ancienne petite-amie. Tout ce qu’il ressentait, c’était de la rage, de la colère et une jalousie plus exacerbée que jamais. Les images qui s’invitaient dans son esprit étaient tout sauf agréables. Il les imaginait sans mal : Blake et Allison, ensemble dans les bras l’un de l’autre. Il visualisait les mains de son ami d’enfance s’égarer sur le corps de la rousse. Lucas avait envie de gerber. Sa possessivité à son égard ne s’était jamais atténuée. Les questions s’accumulaient du côté de la jeune femme, mais le barman ne les percevait plus. Il voyait son corps se rapprocher du sien et tout ce qu’il avait envie de faire, c’était de la secouer pour lui faire payer ses dernières paroles. Tu m’as fait mal, Allie, tu t’en délectes j’espère de ma souffrance. Ca y’est, tu t’es vengée, t'es satisfaite ? Ou peut-être était ce seulement un avant goût. Leurs corps retrouvaient cette proximité d’antan, alors que les lèvres fines de la jeune femme frôlaient son oreille. Lucas percevait son souffle contre son échine et se retenait de frissonner pour ne pas lui donner entière satisfaction. La langue féminine frôla à peine le lobe de son oreille avant qu’elle ne se recule. Il la détestait à cet instant. La distance reprit place entre eux et le regard de Lucas était toujours aussi noir. Il cherchait à reprendre la main. A la blesser autant qu’elle venait de le faire. C’était comme ça entre eux : une relation destructrice. Lucas tentait tant bien que mal de retrouver un visage neutre, de se remettre de la nouvelle dont il avait été la victime. Plus facile à dire qu’à faire. Le poids de cette révélation trottait encore dans son esprit. « Toi et Blake, c’est ça ? Voilà une nouvelle que je n’avais pas vu venir. Quoi que, ce n’est pas si étonnant à bien y réfléchir : Blake a toujours aimé avoir ce que j’avais, à croire qu’il aimait profiter de mes restes. » Un sourire détestable. Lucas mettait son ami à l’amende sans s’en soucier. Il tentait de se protéger quant à d’éventuels nouveaux coups tant son corps était encore endolori par les derniers en date. Mais tout ce qu’il parvenait à faire, c’était se blesser un peu plus lui-même. Les mains dans les poches, le visage du barman prônait une assurance qu’il était pourtant loin de ressentir. « Tant qu’on y est, tu m’excuseras de vous épargner les félicitations quant à votre couple. Mais j’espère que les choses se passent bien avec Blake, vraiment. Qu’il te rend heureuse et te satisfait dans tous les sens du terme si tu vois ce que je veux dire. Vas-y, dis-moi Allie, tu prends ton pied avec lui ? Ca te fait quoi de sentir ses lèvres et ses mains sur ton corps ? » Il cédait à l’énervement, incapable de retenir cette putain de jalousie qui crevait l’écran. Achève-moi, donne-moi le coup de grâce qu’il aurait pu dire. Mais il ne lui ferait pas ce plaisir. Jamais. Il resterait debout, quand bien même il était sur le point de vaciller, de sombrer, de se noyer même. Lucas se tirait lui-même une balle de pied en lui postant de telles questions. Pourtant, dieu sait qu’il préférait s’épargner des détails sordides, tant son imagination faisant suffisamment bien le travail à elle toute seule. A croire que Lucas était alimenté par ce besoin d’auto destruction permanent. Une vraie bombe à retardement prête à exploser. « Je vais te dire ce que j’en pense moi, même si mon avis n’a pas grande importance, je te l’accorde. »  Il revenait à la charge, bien déterminé à la blesser autant qu’elle venait de le faire. Lucas revint à sa hauteur, grimpant d’une marche pour lui faire face. Et il repartit à l’attaque, conscient que l’assaut final ne se ferait pas en douceur une fois de plus. Avec vivacité, son visage se rapprocha du sien, comme s’il allait l’embrasser en réalité. Leurs lèvres étaient plus proches que jamais et la main de Lucas se posa contre son cou, comme pour l’empêcher une nouvelle fois de se dérober à lui et à ce contact entre eux. « Il fera jamais le poids. Que ce soit Blake ou n’importe qui. Il t’aimera jamais comme moi et surtout, il te fera jamais l’effet que je te fais encore. » murmura-il entre ses lèvres, tout sourire, avec arrogance, comme si au fond, il essayait de s’en persuader lui-même. Lucas se perdait dans le vert de ses yeux, il était pris lui-même à son propre jeu. Ses lèvres frôlèrent brièvement les siennes – comme pour tenter un peu plus le diable et briser ce mur de glace, cette indifférence qu’elle prônait et qui l’irritait tant, tandis que sa main quittait son cou, descendant pour frôler brièvement sa poitrine. Putain de tension sexuelle qui planait au-dessus d’eux à cet instant. Lucas jouait lui-même avec le feu et il suffisait d’une seconde d’inattention pour qu’il se brûle. Pourtant, il avait envie de l’embrasser jusqu’à en avoir mal, rien que pour se sentir revivre à nouveau au contact de ses lèvres rosées et des sensations vivifiantes qui allaient avec. Il voulait la serrer contre lui jusqu’à l’épuisement, car il savait qu’elle était la seule à même de cicatriser ses nombreuses blessures – et que la réciprocité n’avait nullement besoin d’être démontrée. Il aurait voulu lui faire l’amour là maintenant, n’importe où, rien que pour lui prouver que Blake ne ferait jamais le poids, que les sensations ressenties ne seraient pas les mêmes et qu’elle ne retrouverait jamais ailleurs ce qu’ils avaient vécu ensemble. C’était toi et moi à l’infini, Allie, tu te souviens ? Il se recula à contre cœur, laissant le masque revenir sur son visage, comme pour dissimuler qu’il était plus troublé qu’il ne voudrait jamais l’admettre. Toujours face à elle, un sourire sarcastique refit surface sur ses lèvres et il continuait de jouer son rôle du type détestable à merveilles. Le costume semblait d’ailleurs taillé sur mesure pour lui. « Blake est quelqu’un de bien vraiment. C’est un peu le gendre idéal, je te l’accorde. Mais c’est pas ce que tu veux. Tu veux de la passion. Tu veux des montagnes russes de sentiments.» affirma-il, plein d’assurance. Les poings serrés, il avait presque besoin de s’en persuader. Pourtant, il perdait pied dans ses pseudos certitudes, il se noyait sous le choc d’une nouvelle qu’il avait du mal à encaisser, malgré tout ce qu’il prônait. Peut-être que la nouvelle Allison qu’il avait sous les yeux préférerait une vie simple et bien rangée ; la simplicité d’une relation avec Blake, plutôt que la complexité qui avait toujours alimenté leur relation d’antan. Il n’était plus à une surprise près la concernant. Mais il en avait besoin, de se dire que tout n’était pas mort définitivement entre eux et que son couple avec Blake était loin d’être aussi idyllique qu’elle le disait. Lucas avait peut-être faux sur toute la ligne, mais ce serait loin d’être la première fois qu’il se laissait bercer par de fausses illusions. «  Prouve-moi que je te laisse insensible si t’en es capable, que je te dégoûte même. Ca devrait être chose aisée vu tout ce que tu prônes haut et fort, les coups psychologiques et tout ça, pas vrai ? Vu tout ce que je t’ai fait. Prouve moi que t’as pas le souffle court et le cœur qui bat encore et toujours la chamade en ma présence. » Le bout de ses doigts s’autorisa à frôler brièvement son visage, comme pour donner de l’appui à ses récentes paroles. Il cédait à nouveau à la colère, aux côtés les plus sombres de sa personnalité en brillant par sa jalousie. Il voulait qu’elle perde bien elle aussi. Incapable de l’imaginer dans d’autres bras, embrassant d’autres lèvres. Lucas ne pouvait se défaire de l’idée qu’elle était sienne, encore et toujours et que ce n’est pas Blake ou qui que ce soit qui viendrait chambouler tout ça. Plus dure serait sûrement la chute dans les minutes ou secondes à venir si ça se trouve. Mais qu’importe, Lucas était habitué aux déconvenues.
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MessageSujet: Re: Allison & Lucas + everything that kills me makes me feel alive. Mer 7 Aoû - 22:24

Quand les mots ne suffisent plus. Parce que, à l'intérieur, quelque chose nous brûle, quelque chose qu'on ne peut pas dire. Qu'on n'arrive pas à dire. Quand la personne qui est en face de toi, au lieu de te donner la réponse que tu souhaiterais, te dit autre chose. Elle en dit plus. Elle en dit trop. Ce trop qui n'est rien. Qui ne sert à rien, mais qui fait deux fois plus mal.

Parfois, Allison laissait retomber le masque. Son apparence de glace et ses gestes maîtrisés à merveille venaient s’écraser sur le sol. Une chute comparable à un corps tombant de dix étages contre le bitume glacé. Elle ne s’autorisait à abandonner ses barrières protectrices qu’en se retrouvant seule dans son appartement. Assise sur le rebord de son lit ; les mains ancrées contre les draps fins. Son regard s’égarait vers les murs teintés d’une couleur pastelle. Elle détaillait cette photo avec Blake sur la table de chevet. Et un soupire filtrait souvent hors de ses lèvres. Elle se levait alors pour entrouvrir la porte de son armoire. Au fond de cette dernière, se trouvait une petite boîte en carton. C’était à chaque fois le même rituel. Quand Allison avait envie de redevenir cette fille simple et gentille ; elle sortait la petite boîte. A l’intérieur, des photographies. Y avait ces clichés des deux soeurs au cours de réunions familiales. La brune et le blonde prises sur le vif à rire ; à s’amuser comme deux âmes innocentes. Des photographies qui n’auraient jamais pu laisser présager le pire. Des moments dont Allison se rappelait parfaitement. A chaque fois que son regard se posait dessus ; un fin rictus venait étirer ses lèvres rosées. Elle s’en souvenait avec une tendresse certaine mais surtout une amertume exacerbée. Y avait aussi ce bracelet simpliste. Un bracelet que Lucas avait offert à Allison au cours d’une soirée se voulant un brin romantique. Un bijou qu’elle n’avait jamais pu quitter durant toutes ces années. Quand il l’énervait ; quand il brisait son coeur ; quand il savait se faire tendre. Elle l’avait gardé  à chaque fois. Avant de finalement le retirer. C’était y a six ans. Dans ce hall d’aéroport avant d’embarquer pour Paris. La rousse avait baissé les yeux sur son poignet avant d’arracher le bijou de toutes ses forces pour mieux l’enfouir dans son sac comme pour l’ôter de sa vue. Comme pour faire croire que tout ça n’avait jamais existé au fond. Y avait aussi cette lettre. Une lettre qu’Allison avait écrit suite au départ précipité de Lucas. Une lettre dans laquelle elle parlait ouvertement de ses sentiments. Elle lui disait à quel point son amour pour lui était fort. Elle s’excusait pour avoir osé clamer que c’est lui qui aurait dû mourir. Elle parlait de cette culpabilité qui rongeait ses veines. Elle avait poursuivit en lui demandant de revenir. Elle avait même détaillé toutes ses envies de projet. Parce que son avenir, elle avait été capable que de le construire qu’avec lui. Vivre ensemble, fonder une famille, le mythe de la maison, du chien, des enfants propres sur eux. Pour Lucas, Allison aurait pu en bouffer des clichés rien que pour l’espoir fou d’avancer encore avec lui. La rousse lui avait répété une dizaine de fois qu’elle l’aimait à en crever. Ce putain d’amour venu capturer son coeur à l’aube d’une matinée rosée. Ce putain d’amour qui venait à le rendre malade de douleur. Lui donnant l’envie de vomir, de se tirer une balle en plein coeur pour plus souffrir. Elle l’avait appelé au secours. Viens me sauver Lucas. Viens m’embarquer dans une bulle où y aurait que nous. Tu sais, quand on était heureux ? Je m’en souviens même plus. Tu veux pas me réapprendre à vivre ? C’était les dernières paroles de la fameuse lettre. Et à chaque fois que ses yeux émeraudes s’apposaient dessus, elle finissait par craquer. Les larmes grimpant dans ses prunelles. La douleur pour seule reine dans tout son corps. Lettre restée enfouie loin des autres regards. Lettre adressée à un inconnu. Celui ayant emporté son coeur quelque part à travers le monde. Une boîte aux souvenirs dans laquelle elle retrouvait aussi d’autres photographies. Elle dans les bras de Lucas ; Elle au petit matin prise sur le vif par son petit-ami ; elle cheveux blonde dans le vent au bord d’un lac à sourire comme une enfant. Des moments heureux. Des moments où le couple avait pu briller par la douceur de leurs gestes ; la passion de leurs corps se liant ; par cet amour simplement. Amour qui ne rimait plus avec grand chose présentement. Allison avait la sensation d’être une inconnue aux yeux du photographe. Ce n’était pas qu’une mauvaise impression. Allison était devenue une étrangère aux yeux de beaucoup de personnes de toute manière.

Allison aurait bien aimé ne pas évoquer Blake. Mais à ses yeux, c’était la carte ultime pour blesser Lucas. D’une part parce que ce n’était pas un inconnu pour le photographe. Son meilleur ami. Celui avec qui il avait partagé un lot de moments. Celui qui le connaissait presque aussi bien que la rouquine. Mais surtout parce que cette nouvelle lui prouvait qu’Allison avait avancé au point de se reconstruire sur le plan sentimental. Ainsi, la demoiselle ne prit aucune pincette pour annoncer cette nouvelle. Elle ne se priva pas de cracher son pseudo bonheur au visage de Lucas. Elle n’hésita pas non plus à faire preuve de perfidie en donnant des détails ridicules. Jouer la fille amoureuse et épanouie sur tous les plans. Interpréter avec brio le rôle d’une avocate ayant réussi à s’en sortir. D’une fille naïve devenue cette femme fatale. Cette fille brisée la vie capable de briser les autres maintenant sans le regretter. Au fond, la réalité fut bien différente. Surtout plus amère. Blake. Cet adolescent amoureux depuis longtemps. Devenu cet homme ayant enfin réussi à capter l’attention de la rouquine. Il avait été là pour l’épauler après le départ de Lucas. Il n’avait pas hésité à venir plusieurs fois à Paris. Il avait réussi à la faire sourire à nouveau ; à capter son rire cristallin. Il avait été le pansement à ses blessures. Un pansement éphémère au fond puisque la douleur restait la même. Elle avait des sentiments pour Blake. Mais de là à oublier Lucas ? Jamais. Elle faisait semblant devant son petit-ami. Le photographe était devenu le sujet le plus épineux possible. Ils n’en parlaient jamais. Ils faisaient comme s’il n’avait pas existé au fond. Malgré tout, la donne restait la même. Elle ne l’oublierait pas. Elle était encore amoureuse de Lucas. Elle était rongée jusqu’à la moelle par ses sentiments. Il lui suffisait de fermer les yeux pour que tout s’éclaircisse. Il lui suffisait de tomber sur un objet lui rappelant l’homme pour sombrer. Quelle idiote d’avoir pu croire que tout s’effacerait. C’était qu’un mensonge. Comme tous ceux balancés actuellement au principal concerné. Le genre de mensonges puant l’hypocrisie. Rien n’effaçait Lucas. Ni les mots doux de Blake. Ni son amour pour la rousse. Ni ses bras protecteurs. Ni son envie réel que leur couple fonctionne. Et Allison se dégoûtait. Elle se dégoûtait de se leurrer ainsi. Elle savait que l’un d’entre eux finirait à terre. Et par tous les saints, elle préférait que ce soit sa propre personne. Parce qu’au fond, Blake n’avait rien demandé. Il ne méritait pas de souffrir. Au delà tout de ça, Allison cherchait à rester impassible. Ce sourire sadique ne disparaissant pas. Ce regard froid non plus. Cette envie de le mettre à terre encore moins. Et lorsqu’il osa reprendre la parole, sa remarque arracha un énième rictus aux lèvres de la rouquine. Elle avait envie de lui couper, de lui dire que non, ce n’était pas une mauvaise blague. Pourtant aucun mot ne filtra. Rien. Juste ce sourire qui aurait pu énerver n’importe qui - elle la première. Sa silhouette restait éloignée de Lucas. Comme si ce fossé entre les deux devait continuer de perdurer. Ses remarques ne s’arrêtèrent pas là pour autant. La demoiselle continuait de l’écouter. Ce dernier usa de son cynisme légendaire pour caractériser Blake comme appréciateur de ses restes. Un énième rire faux de la part de la rousse. Les mots de l’homme heurtaient son coeur de plein fouet. Elle était en train de sombrer intérieurement. Pourtant elle ne voulait absolument qu’aucune émotion ne transparaisse. Elle voulait rester aussi froide qu’une armoire à glace. Aussi odieuse qu’un tyran. Tu as vu ce que tu as fais de moi Lucas ? Je suis devenue un tyran. Le tyran de ton coeur prêt à dégainer le coup final. On s’en sortira pas. Tu veux pas me sauver ? Mais rien. Simplement Lucas qui continuait sur sa lancée face à une Allison plus froide que jamais. Il commença à hausser le ton. Des questions intimes se profilant dans l’air avec la plus grande banalité. Allison ricana là encore. Elle était même prête à lui détailler tout ce qu’il avait envie de savoir. Rien que pour l’anéantir un peu plus ; rien que pour le voir pâlir un peu plus. Bien vite, il se rapprocha. Impassible, la jeune femme ne bougea pas. Elle fixait Lucas dans les yeux. Ce dernier ne lui laissa pas une once de répit. Sa main glissa contre le cou féminin alors qu’elle était à présent prisonnière de lui comme avant. Sa respiration s’affolait. Sa peau frissonnait. Son coeur battait à s’en rompre. Pourtant en apparences, la demoiselle ne semblait rien ressentir. Du méprit tout au plus. Lucas désirait apparemment la pousser à bout. Ainsi ses lèvres se rapprochèrent de celles de la rousse. Là encore, elle ne bougeait pas. Elle détailla la bouche de Lucas avec l’envie folle de la saisir, de se cramer les ailes, de tomber de son trône rien que pour retrouver cette saveur inoubliable. Rien - encore. A croire que ça devenait une triste habitude. Ce dernier continua. Il osa prôner qu’aucun homme ne serait à la hauteur. Qu’aucun homme ne pourrait l’aimer comme lui. La phrase de trop. Elle était déjà loin Allison. Elle ne l’écoutait plus qu’à moitié. Elle le détestait de tout son être pour avoir osé dire ça. Revenir après six années et oser faire mine de l’aimer encore. Lucas, achèves-moi, ce sera bien plus simple. Son regard noir disait tout face à ce silence de mort. La main de Lucas se fraya alors un chemin sur le sommet de la poitrine féminine. Geste de trop. Geste éreintant la concernée. Son corps brûlait d’une envie charnelle. Elle avait envie de l’embrasser. Elle avait envie de se coller à lui. Elle voulait que son échine s’emprisonne à celle du photographe. Elle avait envie de se retrouver étendue sur ce lit, à sentir Lucas la posséder avec passion. Des coups de reins qui diraient je t’aime. Des gémissements de sa part qui diraient, moi aussi. Son regard ne quitta pourtant pas celui de l’homme. Sa respiration devenait douloureux. Comme si l’oxygène devenait une denrée rare pour l’avocate. Fort heureusement Lucas se recula de quelques pas. Une dernière fois, il désira reprendre la parole. Comme pour tester la rousse. Comme pour la défier avec ses maudites questions. Allison l’observa durant quelques secondes. La rage grimpait. Le fait de supporter le regard cynique de Lucas devenait trop lourd. Elle serra les poings. Ses dents également serrées. Crispées au point qu’une douleur naviguait dans ses gencives. Une seconde. Une minute même. Et finalement, elle s’approcha de lui. La paume de sa main droite ne tarda pas à s’écraser contre la joue de l’homme. Une gifle vive. Si vive qu’une trace rougie en restait témoin. Une gifle qui ramenait le type à la réalité. Une réalité douloureuse. Eux devant ce poste de police - sous le regard effaré de passants et policiers. Eux à se malmener. Eux à souffrir ensemble au lieu de s’avouer l’inavouable. Eux à se tuer du regard. Eux à se tuer avec des paroles haineuses. Les amants maudits, cliché ou réalité, la frontière était mince. Les yeux clairs de la rousse paraissaient plus noirs que jamais. Elle le pointa du doigt avant de reprendre enfin la parole. « Fermes-là. » Un ordre que l’avocate cria presque. Cette dernière ne désirait plus l’entendre. Elle en avait assez qu’il malmène Blake ; qu’il malmène son coeur avec ses questions idiotes. C’en était trop pour la demoiselle. Elle se recula d’un pas seulement. Assez pour que Lucas ne puisse percevoir la vivacité des mouvements de sa cage thoracique.  «  Déjà je t’interdis ne serait que d’oser prétendre m’aimer. Tu sais pas ce que c’est d’aimer Lucas. La seule personne que tu aimes c’est toi. » La rousse leva les yeux au ciel en soupirant. Elle avait les larmes qui montaient. Des larmes qui menaçaient de s’échouer sur ses joues laiteuses en moins de deux. Allison faisait son possible pour rester forte ; pour ne pas se meurtrir l’esprit encore plus. Elle le pointa du doigt - encore une fois - avant de poursuivre son dialogue.  « Si tu m’aimais, tu serais revenu. Tu aurais osé mettre ta fierté de côté pour moi. Tu te serais battu pour moi au point d’en crever parfois. Tu aurais réussi à faire tes preuves. Tu aurais pas laissé six années créer ce fossé entre nous. » Allie venait d’énumérer tout ce qu’elle aurait aimé que Lucas fasse. En somme, ses preuves simplement. Des preuves qui auraient fini par sauver leur amour. Par les sauver au final. Mais rien. Six années. Six années de silence. Six années à avancer dans leurs vies respectives et à s’oublier. S’oublier en apparences, évidemment. Elle marqua un nouveau silence. Ses pensées s’égarèrent vers tout ce que Lucas avait pu dire auparavant. Une brise frappa sa chevelure cuivrée. Puis elle se décida à entrouvrir ses lèvres.  « Tu parlais de passion ; de montagnes russes des sentiments. C’est ce que tu penses m’avoir offert ? Tu parles de nos coups de sang ? Tu parles de ces fois où je me planquais pour pleurer ? Tu parles de toutes ces fois où j’ai espéré que tu viennes me dire que tu m’aimais ? On a pas la même définition de la passion alors Lucas. » Un sourire cynique étira ses lèvres rosées. La demoiselle se sentait mal. Elle avait envie de vomir. Elle avait envie de lâcher l’affaire et de partir. Ils s’étaient assez éreintés. Ils s’étaient fait assez de mal. Ça devenait trop douloureux pour l’avocate. Elle resta statique face à lui.  « Tu es tellement sûr de toi que tu penses que tu me fais encore de l’effet, mais c’est faux. Mon souffle n’est pas court. Mon coeur ne bat pas la chamade. J’ai surtout envie de gerber. C’est ça le désir ? » Elle le regarda dans les yeux. Elle n’avait pas envie de lui dire la vérité. Elle aurait pu lui montrer à quel point sa peau frissonnait rien qu’en croisant son regard. A quel point ses lèvres désiraient retrouver les siennes. A quel point le creux de ses cuisses se crispait rien qu’en l’imaginant la posséder. Au lieu de ça, un énième silence. Un échange visuel qui ne terminait pas. Allison en profita pour descendre d’une marche. Son corps arrivant à hauteur de celui de Lucas. Leurs visages séparés par d’infimes centimètres.  « Mais t’en fais pas. Blake s’occupe parfaitement de mon désir. Tu sais quand il passe ses mains ici... » Commença-t-elle à dire. Pour confirmer ses propos, la rouquine laissa son index caresser sa nuque - tête inclinée sur le côté. Elle faisait exprès de sortir la carte de la provocation. « Puis là... » Pour valider ses dires, son index commença à se faire la malle sur le sommet de la poitrine. A l’endroit exact, où Lucas avait osé glisser sa propre main auparavant. Main qui continue de descendre, de s’égarer sur ventre, sur son bas ventre même. A cette seconde-ci, Allison n’en avait plus rien à faire d’être devant le poste de police et d’attirer les regards extérieurs. « Et là... » Ses phalanges s’écrasèrent contre ses hanches. Allie fait volontairement remonter un morceau de sa robe. Son échine de porcelaine s’exposant au regard effaré de l’homme. Elle se stoppa bien vite pour se rapprocher un peu plus encore. Elle avait de le pousser dans ses retranchements. Comme lui avait pu le faire auparavant. « Quand je gémis entre ses draps... » Son souffle rauque vint s’écraser contre les lèvres de l’homme. Elles auraient presque pu se toucher vu la proximité apparente. Un autre sourire sadique étira sa bouche. « Quand je crie son prénom. »  Pour Appuyer une dernière fois ses dires, sa bouche s’approcha volontairement de son oreille. Poussant l’homme à bout, elle commença à échapper des soupirs. Des faibles gémissements. Comme ceux qu’il provoquait à l’époque. La chaleur de son geste se propageant dans le lobe d’oreille du photographe. En se reculant, elle retrouva toute sa froideur d’antan. Un regard assassin. Des gestes apparemment maitrisés. Allison perdait même la notion de ce qu’elle était au fond.  Une fille bien. Une mauvaise personne. Une fille timide. Une fille impulsive. Une catin se donnant en spectacle sur ses marches. C’était pas Allison. Ça le serait jamais. Tu as vu ce que tu as fais de moi Lucas ?  « Passes ton chemin maintenant. Oublies moi. Va te trouver une traînée à sauter. T’es tellement doué pour ça. »  Sans un mot de place, elle marqua ainsi la fin de l’échange. Ses escarpins recommencèrent à claque sur le bitume. Elle s’éloigna le plus vite possible. Pas question de se retourner. Pas question de laisser à Lucas le droit de voir les larmes qui coulaient à présent. Allison se détestait. Elle le détestait aussi. Plus perdue que jamais. Amoureuse comme au premier jour. Une existence à nouveau détruite et éreintée. Lucas, me fous pas à terre à nouveau.


fin du topic.

_________________
“ here it comes ready or not, we both found out it’s not how we thought. that it would be, how it would be, if the time could turn us around what once was lost may be found, for you and me, for you and me. “
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